L’armée israélienne lance une opération dans la bande de Gaza

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L’armée israélienne avait déjà déployé chars et autres véhicules blindés le long de la barrière séparant Israël de l’enclave palestinienne. (AFP)
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Tsahal lance une opération dans la bande de Gaza. Des soldats israéliens ont pénétré dans la nuit de jeudi à vendredi dans Gaza après la multiplication des tirs de roquettes du Hamas, une opération qui fait craindre une recrudescence du conflit qui a déjà fait plus de 100 morts.

Mise à jour 13/05/2021, 19h47

L’armée israélienne revient maintenant sur l’annonce selon lesquels les soldats israéliens ont déjà pénétré dans la nuit de jeudi à vendredi dans Gaza après la multiplication des tirs de roquettes du Hamas. L’armée israélienne a soutenu tôt vendredi ne pas être entrée dans la bande de Gaza comme elle l’avait plutôt affirmé dans la nuit, évoquant un problème de «communication en interne».

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L’armée attaque donc maintenant des cibles à Gaza par voie terrestre et aérienne, a déclaré Tsahal.

Les Forces de Défense israéliennes ont demandé aux habitants des communautés occidentales du Néguev de rester à proximité des abris, et ont confirmé que de fortes explosions dans la région étaient le résultat des tirs de l’armée israélienne

«L’aviation israélienne et des troupes au sol mènent actuellement une attaque dans Gaza», a déclaré l’armée dans un bref message. Le porte-parole de l’armée, Jonathan Conricus, a confirmé que des soldats étaient entrés dans la bande de Gaza contrôlée par les islamistes du Hamas, sans préciser leur nombre, ni la durée ou l’étendue de l’opération.

Peu après, les groupes armés palestiniens dans la bande de Gaza ont tiré un nouveau barrage de roquettes vers le sud d’Israël, limitrophe de l’enclave palestinienne.

L’armée avait massé jeudi chars et véhicules blindés le long du territoire palestinien d’où les troupes israéliennes s’étaient retirées unilatéralement en 2005. Et le ministère de la Défense a donné le feu vert à l’armée pour mobiliser au besoin des milliers de réservistes.

La dernière opération militaire israélienne dans ce territoire de deux millions d’habitants, soumis à un blocus israélien depuis plus de 10 ans, remonte à 2014. Le conflit entre Israël et le Hamas, avait alors duré 50 jours et fait au moins 2251 morts côté palestinien, en majorité des civils, et 74 côté israélien presque tous des soldats.

Dans la nuit, l’aviation israélienne a poursuivi ses bombardements de sites du Hamas, alors que des centaines d’habitants palestiniens ont dû quitter leurs maisons précipitamment pour fuir les frappes.

Le Hamas, qui continuait de lancer des roquettes vers le Sud israélien, a tenté de lancer des drones munis de charges explosives vers Israël selon l’armée.

Le ministère de la Santé de Gaza, dirigé par le Hamas, a annoncé que 109 personnes avaient été tués depuis lundi dans des frappes israéliennes, dont 27 étaient des enfants et des jeunes et 11 des femmes. 621 ont été blessés lors des frappes.

Depuis le début de ce nouveau cycle de violences lundi, 103 Palestiniens, dont 27 enfants, ont été tués dans la bande de Gaza, et 580 ont été blessés, selon un dernier bilan du ministère local de la santé.

En Israël, sept personnes, dont un enfant de six ans et un soldat, ont péri.

De plus, trois roquettes ont été tirées jeudi soir du Liban vers Israël, mais elles sont tombées en Méditerranée, selon l’armée. D’après une source militaire libanaise, les projectiles ont été tirés d’un secteur proche d’un camp de réfugiés palestiniens. Il semble que ces tirs de roquettes du Liban vers Israël soient l’œuvre d’un petit groupe palestinien et se seraient produits à l’insu du Hezbollah, selon des sources de la défense libanaise.

Le nouveau conflit a été déclenché après un barrage de roquettes du Hamas tirées vers Israël en «solidarité» avec les plus de 700 Palestiniens blessés dans des heurts avec la police israélienne sur l’esplanade des Mosquées à Jérusalem-Est, secteur palestinien occupé par Israël depuis 1967.

Les heurts sur l’esplanade, troisième lieu saint de l’islam, avaient suivi plusieurs jours de vives tensions et de heurts à Jérusalem-Est, dus principalement aux menaces d’expulsion de familles palestiniennes au profit de colons juifs d’un quartier de la Ville sainte.

D’après l’armée, environ 90 % des plus de 1750 roquettes lancées depuis lundi à partir de la bande de Gaza ont été interceptées par le bouclier antimissile.

Plusieurs compagnies ont suspendu leurs vols vers l’aéroport international Ben Gourion de Tel-Aviv.

Le conflit est doublé d’une escalade entre Arabes et Juifs dans plusieurs villes mixtes d’Israël, un niveau de violence jamais atteint depuis des décennies selon la police israélienne.

Près de 1000 membres de la police des frontières ont été appelés en renfort dans ces villes, théâtres d’émeutes depuis mardi avec des heurts et des échanges de coups de feu, et plus de 400 personnes, Juifs et Arabes, ont été arrêtées ces trois derniers jours.

Jeudi soir, un homme a ouvert le feu à l’arme semi-automatique sur un groupe de Juifs, blessant une personne à Lod près de Tel-Aviv, selon un témoin et la police.

Des groupes d’extrême droite israéliens ont affronté dans des villes forces de sécurité et Arabes israéliens, les descendants des Palestiniens restés sur leur terre à la création d’Israël en 1948.  

Face à l’intensification du conflit malgré les appels internationaux à la désescalade, le Conseil de sécurité de l’ONU doit tenir dimanche une réunion virtuelle publique sur le conflit. L’émissaire de l’ONU pour le Proche-Orient, le Norvégien Tor Wennesland, ainsi que des représentants d’Israël et des Palestiniens devraient y participer.

Les États-Unis ont pour leur part réaffirmé le droit d’Israël à se défendre contre les tirs de roquettes du mouvement islamiste Hamas, qui contrôle la bande de Gaza, mais aussi appelé à la désescalade.

Ils ont également demandé à Israël de faire « tout son possible pour éviter des victimes civiles ».

*Avec AFP