Le Space Command américain suit de près une fusée chinoise qui menace de nous tomber sur la tête

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Un aviateur du 18e Escadron de contrôle spatial( 18th Space Control Squadron) travaille sur un logiciel pour les opérations spatiales à la base aérienne de Vandenberg, en Californie, le 2 novembre 2020. (U.S. Air Force)
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Le Commandement spatial américain suit activement une partie d’une grande fusée chinoise en chute libre depuis l’espace et qui devrait rentrer dans l’atmosphère terrestre samedi, rapporte le Stars and Stripes, le journal officiel des forces américaines.

Mise à jour 09/05/2021, 6h49

Les débris de l’énorme section d’une fusée chinoise Long March 5B ont réintégré l’atmosphère terrestre au-dessus de l’océan Indien près des Maldives, a déclaré l’agence spatiale chinoise.

Le Commandement spatial américain a déclaré de son côté qu’il pouvait confirmer que la fusée avait réintégré l’atmosphère au dessus de la péninsule arabique vers 22 h 15. EDT (Eastern daily time), mais qu’ « on ne sait pas si les débris ont touché la terre ou l’eau. »

La section, un des plus gros débris spatiaux à retomber sur Terre, mesurait environ 100 pieds de long (30,38 m) et les experts affirment que la taille et la vitesse de la fusée rendaient presque impossible de déterminer ce qui pourrait se passer lorsqu’elle est retombée sur terre.

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Le secrétaire américain de la Défense Lloyd Austin «est informé, et il sait que le Commandement spatial suit à la trace, littéralement, ce débris de fusée», a indiqué de son côté le porte-parole du Pentagone, John Kirby.

Ce débris spatial incontrôlable faisait partie du lancement par la Chine de la fusée Long March 5B dans l’espace le 29 avril dernier. On parle d’un débris, mais c’est le corps de cette fusée, presque intact, qui doit atterrir dans les prochains jours, et personne ne sait où.

Il est possible que le corps de la fusée se désintègre à l’entrée dans l’atmosphère, ne laissant que des débris limités s’écraser. Et si elle reste entière, la planète étant composée à 70 % d’eau, il y a de fortes chances que la fusée s’abîme en mer, mais ce n’est pas sûr. Elle pourrait s’écraser sur une zone habitée ou sur un navire.

La Chine a été critiquée il y a un an, souligne le journal officiel des forces américaines, pour un lancement similaire d’une fusée Long March 5B lorsque des débris ont atterri… en Afrique, en Côte d’Ivoire.

WENCHANG, CHINA – APRIL 29, 2021 – The Long March-5B-Yao 2 carrier rocket blasted off from the Wenchang Space Launch Center in Hainan Province, carrying the space station and its core module. Wenchang, Hainan Province, China, April 29, 2021. (Photo credit should read Costfoto/Barcroft Media via Getty Images)

«Le Space Command connaît et suit l’emplacement du Long March 5B chinois dans l’espace, mais son point d’entrée exact dans l’atmosphère terrestre ne peut être identifié que quelques heures après sa rentrée, prévue vers le 8 mai», a expliqué mardi dans un communiqué Mike Howard, un porte-parole du Pentagone porte-parole.

Le 18e Escadron de contrôle spatial publie des mises à jour quotidiennes sur l’emplacement du corps de la fusée sur space-track.org, le site Web public qui fournit des informations sur tous les satellites et les débris en orbite autour de la planète. Le site fournit des données sur des objets aussi petits qu’une balle de softball américain [30,5 cm à ≈ 25,3 cm de circonférence, NDLR].

Le 18e Escadron de contrôle spatial de la base aérienne de Vandenberg, en Californie, suit plus de 27000 objets artificiels dans l’espace, dont la plupart sont en orbite terrestre basse, a précisé Mike Howard dans le communiqué, expliquant que ces objets «peuvent constituer des menaces potentielles pour la sécurité des vols spatiaux et le domaine spatial».

Le lancement le 29 avril de Long March 5B fait partie d’une série de lancement que la Chine mène dans le but de construire sa propre station spatiale. Le corps de lancement mesure environ 100 pieds de long (30,5 m) et 16 pieds de large (4,87 m), selon un rapport publié dimanche sur spacenews.com, une publication qui couvre l’actualité économique et politique de l’industrie spatiale et des satellites.

La plupart des lanceurs du premier étage retombent au sol peu de temps après le décollage sur des sites de crash prédéfinis, selon le rapport. Les débris qui tombent représentent donc «l’un des plus grands exemples de rentrée incontrôlée d’un vaisseau spatial» à la surface de la Terre.

L’administrateur de la NASA, Jim Bridenstine, cité par spacenews il y a un an, avait publiquement et durement critiqué la gestion du lancement par la Chine à l’époque. «Les débris ont survolé des centres de population et sont rentré dans l’atmosphère terrestre. Cela aurait pu être extrêmement dangereux. Nous sommes vraiment chanceux dans le sens où cela ne semble avoir fait de mal à personne.»

*Avec AFP, Stars and Stripes, Spacenews