Les combats entre Israël et le Hamas s’intensifient malgré les appels à mettre fin à la violence

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Le feu et la fumée montent au-dessus des bâtiments de la ville de Gaza après une attaque de Tsahal en ce mois de mai 2021. Les hostilités ont atteint un sommet depuis la guerre de 2014 entre Israël et le Hamas. (AFP)
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Malgré les appels de la communauté internationale à mettre fin aux hostilités, les combats entre Israël et le Hamas se sont intensifiés dans ce qui est devenu la plus forte flambée de violence depuis la guerre de Gaza en 2014. Un total jusqu’ici d’au moins 198 personnes ont été tuées dans la bande de Gaza et 10 en Israël et 294 blessées lors des échanges aériens les plus intenses depuis des années.

Mise à jour 17/05/2021, 18h21

Le président américain Joe Biden, sous le feu des critiques, a exprimé lundi, lors d’un échange avec le premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou, son «soutien» à un cessez-le-feu face à l’escalade de violences, a indiqué la Maison-Blanche. «Le président a exprimé son soutien à un cessez-le feu », a indiqué la Maison-Blanche dans un compte-rendu à la tonalité très prudente, au moment où nombre de voix s’élèvent dans le camp démocrate pour que Joe Biden réclame explicitement un cessez-le-feu immédiat entre Israël et le Hamas, qui contrôle la bande de Gaza. Lors de cette conversation téléphonique, il a aussi, évoqué les discussions en cours avec l’Égypte «et d’autres partenaires» pour y parvenir, précise la présidence américaine.

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Mise à jour 17/05/2021, 14h30

Les États-Unis ont fait obstacle à la publication lundi d’une déclaration du Conseil de sécurité de l’ONU sur les combats en cours entre Israël et Gaza. C’est la troisième fois au cours de la semaine dernière que les États-Unis opposent leur veto à une déclaration des Nations Unies jugée défavorable par Israël.

La déclaration appelait les parties à parvenir à un cessez-le-feu et exprime sa préoccupation face à une possible expulsion de familles palestiniennes du quartier de Cheikh Jarrah à Jérusalem, mais le projet de déclaration ne mentionnait pas les barrages de roquettes tirés sur la population civile israélienne par les organisations du Hamas et du Jihad islamique. L’ambassadrice américaine auprès des Nations Unies, Linda Thomas Greenfield, avait déjà opposé le veto cette semaine des États-Unis à deux autres déclarations du Conseil de sécurité de l’ONU défavorables à Israël.

Le président Biden a annoncé toutefois qu’il échangerait cet après-midi avec le premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou au sujet de l’escalade de violences en cours, alors que le Hamas et Israël semblent indifférents aux appels à la désescalade. «Je vais parler avec le premier ministre dans une heure et j’aurai plus de choses à dire après cet échange», a déclaré Joe Biden, interrogé sur la possibilité de lancer un appel à un cessez-le-feu.

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Les avions de combat israéliens ont déclenché une série de lourdes frappes aériennes à plusieurs endroits dans la ville de Gaza tôt lundi, quelques heures après une déclaration télévisée du premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou.

Les médias locaux ont rapporté que la principale route côtière à l’ouest de la ville, des centres de sécurité et espaces ouverts figuraient parmi les cibles touchées. La société de distribution d’électricité a indiqué que les frappes aériennes avaient endommagé une ligne d’alimentation de la seule centrale électrique de Gaza.

Aucun blessé n’a été signalé dans l’immédiat.

Ces frappes suivent celles de dimanche qui ont tué 42 Palestiniens et détruit trois immeubles à Gaza, représentant ainsi l’attaque la plus meurtrière de cette escalade militaire entre Israël et le groupe militant du Hamas.

En tout, selon le ministère de la Santé du Hamas, 198 Gazaouis ont perdu la vie lors de la dernière vague de conflit avec Israël. Sur les 198, 58 sont des enfants et 35 sont des femmes. 1 300 personnes ont été blessées lors des combats.

Depuis le début des combats lundi dernier, dans le cadre de l’opération baptisée «Gardien des murs», l’armée israélienne a frappé plus de 1 180 cibles dans toute la bande de Gaza.

Tsahal a aussi confirmé le rapport selon lequel il avait éliminé le haut commandant du Jihad islamique Husam Abu-Harbid. Abu-Harbid a été commandant de l’organisation islamiste pendant plus de 15 ans et a été responsable de plusieurs attaques antichar contre Israël, dont une dimanche dernier où un Israélien a été légèrement blessé.

En même temps, le Hamas a également lancé des roquettes depuis la bande de Gaza vers des zones civiles en Israël.

Plus de 3 150 roquettes ont été lancées depuis la bande vers Israël, et environ 460 n’ont pas réussi à pénétrer en Israël, retombant plutôt dans la bande de Gaza.

Le Dôme de fer a intercepté avec succès 90% des roquettes, a révélé une enquête de Tsahal.

L’une des roquettes tirées depuis Gaza s’est écrasée hier dans une synagogue de la ville d’Ashkelon, quelques heures avant les offices du soir pour la fête juive de Chavouot, ont indiqué les services d’urgence israéliens. Aucun blessé n’a été signalé.

Alors que Les hostilités se sont intensifiées à plusieurs reprises au cours de la dernière semaine, atteignant un sommet depuis la guerre de 2014 entre Israël et le Hamas, dans un discours télévisé dimanche, Benyamin Nétanyahou a déclaré que les attaques israéliennes se poursuivaient avec force. Il a dit aussi vouloir faire payer le Hamas.

Pendant ce temps, hier, dimanche, le Conseil de sécurité s’est réuni, dimanche, pour discuter du conflit israélo-palestinien suites aux événements de survenus cette semaine et que l’ONU a qualifié d’« escalade la plus grave » entre Gaza et Israël depuis plusieurs années, l’ONU appelant à la fin des combats.

Le Canada pour sa part s’est dit «consterné par la poursuite de la violence, la montée des tensions et les pertes de vie dévastatrices. Le bilan, en particulier pour les civils, y compris les femmes et les enfants, est déjà trop lourd. Le Canada continue d’exprimer de vives préoccupations au sujet de l’escalade de la violence en Israël, en Cisjordanie et dans la bande de Gaza. Le Canada se joint à ses alliés et amis pour exhorter toutes les parties à prendre des mesures pour mettre fin sans délai à toute violence, prévenir toute nouvelle perte de vie, protéger tous les civils et désamorcer les tensions. Toutes les parties doivent respecter le droit international».

De son côté, le secrétaire d’État américain, Antony Blinken, a multiplié dimanche les entretiens avec ses homologues de plusieurs États régionaux clefs pour tenter de faire cesser les violences au septième jour des affrontements entre le Hamas et Israël.

La crise actuelle a éclaté le 10 mai avec un barrage de roquettes tirées par le Hamas sur Israël en «solidarité» avec les centaines de manifestants palestiniens blessés dans des heurts avec la police israélienne à Jérusalem-Est. À l’origine des manifestations, la menace d’expulsion de familles palestiniennes au profit de colons israéliens dans le quartier de Cheikh Jarrah.

En outre, Israël est également confronté sur son territoire à des violences d’une intensité nouvelle et à des menaces de lynchages dans ses villes «mixtes», où vivent Juifs et Arabes israéliens.

*Avec AFP