Les États-Unis ont espionné Angela Merkel et ses alliés européens avec l’aide du renseignement militaire danois

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La chancelière allemande Angela Merkel. (Archive/Yves Herman/AFP)
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Les États-Unis ont espionné des responsables politiques en Europe, dont la chancelière allemande Angela Merkel, de 2012 à 2014 avec l’aide des services de renseignement danois, ont rapporté dimanche des médias danois et plusieurs européens.

Mise à jour 31/05/2021, 14h36

La France, l’Allemagne et d’autres pays européens ont sommé lundi les États-Unis et le Danemark de s’expliquer sur les allégations d’espionnage de certains responsables, dont la chancelière allemande.

«Si l’information est juste […] ce n’est pas acceptable entre alliés» et «encore moins entre alliés et partenaires européens», a réagi lundi à l’issue d’un conseil des ministres franco-allemand à Paris Emmanuel Macron, dont la chancelière allemande a aussitôt approuvé les propos. «Je ne peux que m’associer aux propos d’Emmanuel Macron», a répondu Angela Merkel, se disant toutefois «rassurée par le fait que le gouvernement danois, dont la ministre de la Défense, a également fait savoir très clairement ce qu’il pense de ces choses».

La Maison-Blanche, le département d’État américain et la National Security Agency (NSA) se sont pour leur part refusés à tout commentaire.

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La chaîne de télévision publique danoise Danmarks Radio (DR) a indiqué que la National Security Agency (NSA) américaine s’était branchée sur des câbles de télécommunication danois pour espionner des responsables de premier plan et de hauts fonctionnaires en Allemagne, en Suède, en Norvège et en France.

Pour ce faire, la NSA a bénéficié de la collaboration des services de renseignement militaire danois FE.

DR a révélé ces informations après une enquête menée conjointement avec la chaîne suédoise SVT, la chaîne norvégienne NRK, les chaînes allemandes NDR, WDR et le quotidien Suddeutsche Zeitung, ainsi que le quotidien français Le Monde.

Toujours selon DR, la ministre danoise Trine Bramsen, qui a été nommée en juin 2019, a été informée de cette affaire en août 2020. Mme Bransen a déclaré à DR que « l’espionnage systématique par des alliés est inacceptable ».  

Selon DR, les ministres de la Défense de Norvège et de Suède exigent maintenant des réponses de la ministre danoise de la Défense sur l’espionnage américain via les câbles internet danois et les gouvernement norvégien et suédois auront une explication après les révélations du rôle du renseignement militaire danois de défense dans l’espionnage contre les pays voisins du Danemark.

«Nous exigeons d’être pleinement informés sur les questions concernant les citoyens, les entreprises et les intérêts suédois. Et puis nous devons voir comment la réponse sonne d’un côté politique au Danemark», dit le ministre suédois de la Défense, Peter Hultqvist.

Angela Merkel, le ministre allemand des Affaires étrangères de l’époque, Frank-Walter Steinmeier, et le chef de l’opposition d’alors, Peer Steinbruck, figurent parmi les personnes que la NSA a espionnées, selon DR.

La NSA a pu accéder aux textos, aux appels téléphoniques et au trafic internet, y compris les recherches, les chats et les services de messagerie, selon DR.

L’espionnage de la NSA a été rapporté dans un rapport interne du FE [le service de renseignement militaire du Danemark, NDLR] portant le nom de code «Operation Dunhammer» et présenté à la direction de FE en mai 2015, selon DR.

DR a déclaré que ses informations avaient été confirmées par neuf sources qui avaient eu accès à des informations classifiées de FE, et a précisé que leurs révélations ont été confirmées indépendamment par plusieurs autres sources.

En novembre 2020, DR avait déjà rapporté que les États-Unis avaient utilisé les câbles danois pour espionner les industries de défense danoise et européenne de 2012 à 2015.

*Avec AFP