Recevant Moon Jae-in à la Maison-Blanche, Biden plaide pour une approche «pragmatique» face à la Corée du Nord

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Le président américain Joe Biden a plaidé pour une approche «pragmatique» face à la Corée du Nord lors d’une rencontre le 21 mai à la Maison-Blanche avec son homologue sud-coréen, Moon Jae-in, qui espère mettre à profit la dernière année de son mandat pour enfin arriver à une «paix irréversible» sur la péninsule.(White House)
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Le président américain Joe Biden, qui recevait vendredi son homologue sud-coréen, Moon Jae-in, a plaidé pour une approche «pragmatique» face à la Corée du Nord, tout en reconnaissant que les négociations sur la dénucléarisation du régime reclus seraient extrêmement délicates.

«Nous n’avons aucune illusion sur la difficulté de la tâche, absolument aucune. Les quatre dernières administrations n’ont pas atteint l’objectif. C’est un objectif incroyablement difficile», a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse commune avec son homologue sud-coréen.

Annonçant avoir nommé le diplomate chevronné Sung Kim comme émissaire spécial, le président améicain n’a pas exclu de rencontrer un jour le leader nord-coréen Kim Jong-un mais souligné qu’il ne le ferait pas sans engagements clairs de ce dernier.

Il a aussi critiqué la démarche de son prédécesseur Donald Trump qui avait rencontré «Chairman Kim» à deux reprises (à Singapour puis à Hanoï) sans aboutir à des résultats tangibles.

Mais le dirigeant sud-coréen, qui avait été l’artisan de la médiation entre Pyongyang et Washington sous la présidence Trump, a souligné pour sa part la nécessité pour l’administration Biden d’hériter de l’accord de Singapour conclu entre son prédécesseur Donald Trump et le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un.

«Nous réaffirmons également notre conviction commune que la diplomatie et le dialogue, basés sur les engagements intercoréens et entre les Etats-Unis et la RPDC, tels que la déclaration de Panmunjom 2018 et la déclaration conjointe de Singapour, sont essentiels pour atteindre la dénucléarisation complète et l’établissement de la paix permanente sur la péninsule coréenne», ont indiqué les dirigeants.

Mais «Je ne lui offrirai pas une reconnaissance internationale [sans contreparties]», a insisté le président américain en parlant du leader nord-coréen.

Moon Jae-in et Joe Biden se sont également mis d’accord sur «l’importance fondamentale» de la coopération trilatérale impliquant le Japon dans le traitement des questions liées à la Corée du Nord, la protection de la prospérité et le renforcement des règles fondées sur l’ordre.

Moon a réitéré la position de Séoul selon laquelle il «reconnaît l’importance d’un multilatéralisme régional ouvert, transparent et inclusif, dont le Quad».

Le Quad est le Dialogue quadrilatéral pour la sécurité, un forum regroupant les Etats-Unis, le Japon, l’Inde et l’Australie.

Sur la Chine, l’adversaire stratégique numéro un de Washington, Moon est toutefois resté plus prudent que le dirigeant nippon dans le front uni que Washington appelle de ses vœux face à Pékin.

Dans leur communiqué commun, Biden et Suga avaient ouvertement évoqué les tensions croissantes au sujet de Taïwan, qui dénonce des actions de plus en plus hostiles de la part de Pékin. Même exprimée de manière mesurée, c’était la première fois qu’un dirigeant japonais signait une déclaration commune avec un président américain à propos de Taïwan depuis que les deux alliés ont reconnu Pékin à la place de Taipei, dans les années 1970.

U.S.-ROK Leaders’ Joint Statement >>

*Avec AFP et Yonhap