Tirs de roquettes contre une autre base irakienne abritant des Américains, cette fois Aïn al-Assad

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Photo aérienne de la base aérienne d'Ain al-Assad dans l'ouest du désert d'Anbar, en Irak, en décembre 2019.(Archives/Press TV)
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Selon les forces de sécurité irakiennes, au moins deux roquettes Katioucha ont été tirées sur la base aérienne d’Ain al-Assad dans le gouvernorat d’Al Anbar le 4 mai.

La base est située à environ 180 km au nord-ouest de Bagdad. Il n’y a eu aucun rapport initial de victimes ou de dommages. Pour l’instant, aucun groupe n’a revendiqué la responsabilité de l’attaque.

Il s’agit de la troisième attaque du genre en trois jours, intervenue au moment même où Bagdad recevait une délégation gouvernementale américaine.

Dimanche et lundi déjà, des salves de roquettes avaient touché des bases où sont stationnés des Américains à l’aéroport de Bagdad et au nord de la capitale.

Ces attaques n’ont pas jusqu’ici été revendiquées, mais Washington accuse régulièrement les groupes armés irakiens proches de l’Iran de viser ses troupes et ses diplomates.

Une trentaine d’attaques depuis janvier

Près de trente attaques, à la bombe ou à la roquette, ont visé des convois logistiques irakiens de la coalition, des bases abritant des soldats américains ou des représentations diplomatiques américaines depuis l’arrivée au pouvoir fin janvier du président américain Joe Biden.

À cause d’elles, deux sous-traitants étrangers, un sous-traitant irakien et huit civils irakiens ont été tués.

Bagdad est pris en étau entre ses deux alliés. D’un côté, l’Iran voisin, dont il dépend pour ses importations et son électricité, qui pousse, à travers ses alliés armés, pour un départ pur et simple des soldats étrangers revenus en Irak pour combattre les djihadistes en 2014.

De l’autre, Washington qui n’a pas hésité à mener des raids anti-iraniens sur le sol irakien, qui ont notamment tué le général Qassem Soleimani, et pousse pour réduire l’influence grandissante de l’Iran en Irak.

Le premier ministre Moustafa al-Kazimi, plus pro-Washington que son prédécesseur, a une nouvelle fois évoqué mardi le sort des 2500 soldats américains sur son sol avec Brett McGurk, émissaire de la Maison-Blanche pour le Moyen-Orient.

Les deux hommes se connaissent bien : le premier, patron du renseignement jusqu’aujourd’hui, et le second, ancien représentant de la coalition antidjihadiste emmenée par les États-Unis en Irak et en Syrie, ont longtemps travaillé main dans la main contre le groupe État islamique (EI).

Aujourd’hui, ils s’attellent à dessiner un calendrier de «retrait des forces combattantes d’Irak», selon un communiqué du bureau du premier ministre Kazimi.  

Pour experts, diplomates occidentaux et responsables irakiens, ce calendrier — principalement à destination d’une opinion publique chiite acquise à la cause de l’Iran face aux États-Unis — devrait s’étaler sur plusieurs années. Avec la possibilité que les «combattants» soient transformés en «formateurs» et restent sous cette étiquette en Irak.