Un militaire canadien antivax accusé de «mutinerie»

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Un membre des Forces canadiennes, Leslie Kenderesi prend la parole lors d’un rassemblement anti-lockdown à Toronto. (Capture d’écran/You Tube)
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Ladislas Kenderesi, le militaire qui a appelé les membres des Forces armées canadiennes à refuser de participer à la distribution des vaccins contre la COVID-19 a maintenant été accusé de «mutinerie», rapporte David Pugliese ce matin dans le Ottawa Citizen.

Les accusations contre Kenderesi ont été portées le 12 mai par le Service national des enquêtes des Forces canadiennes.

C’est la première fois depuis des lustres que pareille accusation de mutinerie est portée contre un militaire canadien.

Kenderesi est accusé de «tentative de persuader une autre personne de se joindre à une mutinerie», une infraction à la Loi sur la défense nationale. Il est également accusé d’un chef d’accusation de comportement scandaleux indigne d’un officier.

Kenderesi était apparu à un rassemblement anti-lockdown en décembre à Toronto, vêtu de son uniforme des Forces canadiennes et parlant du vaccin COVID-19, affirmant qu’il s’agissait d’un «tueur».

Les organisateurs du rassemblement anti-lockdown l’avait présenté comme ayant servi dans diverses unités et qualifié en tant que conducteur de char, mitrailleur et était habile au combat au corps à corps.

Il a été présenté comme «le patriote canadien original» et un officier avec 25 ans d’expérience.

Mais Kenderesi, démis de ses fonctions militaires depuis, était simplement un officier du Cadre des instructeurs de cadets (CIC) à Borden, en Ontario. Les officiers du CIC sont membres des Forces armées canadiennes et font partie du Service d’administration et d’instruction des organisations de cadets, un sous-élément de la Force de réserve qui a pour tâche principale la sécurité, la supervision, l’administration et la formation des cadets ou des Rangers juniors canadiens, des jeunes âgés de 12 à 18 ans qui ne reçoivent toutefois pas une formation militaire à proprement parler lors de leur passage dans les Cadets ou les Rangers juniors.

Kenderesi avait appelé le personnel militaire à refuser de participer à la distribution du vaccin. «Je demande aux militaires, actuellement en service, aux chauffeurs de camion, aux médecins, aux ingénieurs, quoi que vous soyez, de ne pas prendre cet ordre illégal (pour) la distribution de ce vaccin», avait-il Kenderesi lors du rassemblement. De plus, une vidéo de son discours a été diffusée sur YouTube.

Kenderesi, qui avait un couteau de chasse civil attaché à son uniforme des Forces canadiennes et portait un casque non conforme, mais s’identifiait clairement comme membre des FAC, a mis en doute à cette occasion la sécurité du vaccin. «Je pourrais avoir beaucoup de problèmes, pour avoir fait ça, mais je m’en fiche», avait-il lancé, aux applaudissements de la foule.

Kenderesi demeure pour l’instant dans les Forces armées canadiennes «en attendant le résultat des accusations», ont noté les autorités militaires, mais, peu de temps après le rassemblement de décembre, les responsables des Forces canadiennes ont toutefois récupéré l’uniforme de Kenderesi et l’équipement militaire qu’il avait en sa possession.

Par ailleurs, 85 % des membres des militaires canadiens ont reçu au moins une dose d’un vaccin

Par ailleurs, 85 % des membres des militaires canadiens ont reçu au moins une dose d’un vaccin, apprenait-on la semaine dernière.

Par ailleurs, le ministère de la Défense nationale a indiqué indique que plus de 85 % des membres des Forces armées canadiennes ont reçu au moins une dose d’un vaccin contre la COVID-19.

Les militaires canadiens semblent moins récalcitrants à être inoculés que leurs homologues des États-Unis où jusqu’à un soldat sur trois aurait refusé d’être vacciné.

Selon Daniel Le Bouthillier, un porte-parole du ministère cité dans La Presse Canadienne la semaine dernière, la majorité des militaires qui n’ont pas été vaccinés n’ont pas pour autant refusé le vaccin, mais sont en permission ou servent dans des endroits où l’accès est très limité.

«En l’état actuel des choses, nous sommes tout à fait satisfaits de voir comment nos membres acceptent la vaccination», a déclaré le porte-parole de la Défense nationale.

Le rythme de vaccination au sein de l’armée est beaucoup plus rapide qu’au sein de la population en général. Seulement la moitié de la population canadienne a reçu une première dose.

Les militaires sont vaccinés par l’entremise du système de santé de l’armée, plutôt que par l’entremise de leur province ou territoire de résidence. Le gouvernement fédéral leur avait réservé plusieurs dizaines de milliers de doses uniquement pour eux.

Ils ne sont pas obligés d’être vaccinés, mais les autorités militaires les ont fortement encouragés à l’être afin de mieux se protéger.

Cependant, seulement 5 % des membres des Forces armées canadiennes ont reçu deux doses de vaccin, un chiffre comparable aux 4 % de l’ensemble de la population canadienne.