Washington rejoint enfin l’appel international à lutter contre l’extrémisme en ligne

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Les États-Unis vont se joindre à un mouvement international contre l’extrémisme en ligne, plus de deux ans après le refus de Donald Trump de s’y associer, a annoncé la Maison-Blanche vendredi.

Washington «va rejoindre “l’appel de Christchurch à agir contre le terrorisme et l’extrémisme violent en ligne”, ( Christchurch Call to Action to Eliminate Terrorist and Violent Extremist Content Online ), un engagement mondial de gouvernements et partenaires technologiques à travailler ensemble pour lutter contre les contenus terroristes et extrémistes violents en ligne», a indiqué la porte-parole de la Maison-Blanche, Jen Psaki.

L’«appel de Christchurch» avait été lancé après un massacre ayant fait 51 morts dans deux mosquées de cette ville du sud de la Nouvelle-Zélande, dont les images avaient été partagées en direct sur l’internet par le tueur et largement diffusées.

Le 15 mars 2019, des internautes ont assisté, en direct sur Facebook pendant près de 17 minutes, à l’attentat terroriste, qui est devenu viral et a persisté sur le Web malgré les mesures prises pour supprimer la vidéo, mettant en évidence, pour reprendre les mots de l’appel, «les torts que peuvent causer les contenus terroristes et extrémistes violents en ligne, mais aussi l’évolution de la menace».

L’ appel de Christchurch visait à empêcher la diffusion d’images ou de contenus produits par les groupes terroristes lors d’attentats et a notamment débouché sur une réforme du Forum mondial de l’internet contre le terrorisme (GIFCT), initialement fondé par Facebook, Microsoft, Twitter et YouTube, et désormais devenu un lieu d’échange entre gouvernements et acteurs de l’internet pour bloquer la diffusion de contenus terroristes.

«Lutter contre l’utilisation que font de l’internet les terroristes et extrémistes violents pour radicaliser et recruter (d’autres personnes) est une importante priorité des États-Unis. Se joindre à la coalition de gouvernements et d’entreprises qui ont soutenu l’appel de Christchurch renforce le besoin d’action collective», a souligné Jen Psaki.

Le Canada, lui, s’était joint à l’appel de Christchurch dès son lancement en mai 2019, le premier ministre Trudeau déclarant alors « Le contenu terroriste et extrémiste en ligne continue de provoquer des conséquences fatales à travers le monde. Aujourd’hui, nous luttons contre le contenu en ligne à caractère terroriste et lié à l’extrémisme violent. Ensemble, nous pouvons créer un monde où chacun est en sécurité, en ligne et ailleurs – peu importe sa religion, son origine ou l’endroit où il vit. »

Les États-Unis avaient alors justifié leur décision de ne pas se ranger derrière l’appel, lancé par la première ministre néo-zélandaise Jacinda Ardern et le président français Emmanuel Macron, par une volonté de protéger la liberté d’expression, un sujet particulièrement sensible chez les Américains, tout en affirmant soutenir néanmoins les objectifs de cette initiative.

La Maison-Blanche a indiqué vendredi continuer de vouloir défendre cette liberté.

«Les États-Unis applaudissent les termes de l’appel de Christchurch qui soulignent l’importance du respect des droits de la personne et de l’État de droit, notamment la protection de la liberté d’expression», a poursuivi Jen Psaki dans son communiqué.

«En se joignant à l’appel de Christchurch, les États-Unis ne prendront pas de mesures qui violeraient les libertés d’expression et d’association protégées par le premier amendement de la Constitution américaine ni ne violeront les attentes raisonnables en matière de vie privée.»

Elle a indiqué que Washington participerait à un sommet virtuel sur le sujet le 14 mai.

*Avec AFP