Affaire Protasevich: le Canada impose des sanctions supplémentaires au Bélarus

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Le journaliste bélarusse Roman Protasevich, après son arrestation le 23 mai les autorités bélarusses.
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Le ministre des Affaires étrangères, Marc Garneau, a annoncé aujourd’hui de nouvelles sanctions contre 17 personnes et 5 entités, au titre de la Loi sur les mesures économiques spéciales, en réponse aux violations flagrantes et systématiques des droits de la personne commises au Bélarus. Ces mesures sont prises en coordination avec les États-Unis, le Royaume-Uni et l’Union européenne.

Le 23 mai 2021, le régime bélarusse a une nouvelle fois montré son mépris évident pour les droits fondamentaux de la personne, et pour la liberté des médias plus particulièrement. Sous prétexte d’une alerte à la bombe douteuse et toujours non vérifiée, le régime bélarusse a détourné le vol 4978 de Ryanair de sa trajectoire prévue de manière à le faire atterrir à Minsk. À l’atterrissage, le journaliste bélarusse Roman Protasevich et sa compagne, Sofia Sapega, ont été arrêtés par les autorités bélarusses.

En plus d’être une attaque flagrante contre la liberté d’expression, cet acte révoltant et irresponsable du régime bélarusse a mis en danger la sécurité des autres passagers du vol et constitue une grave ingérence dans les principes fondamentaux et les règles internationales qui garantissent la sécurité de l’aviation civile dans le monde.

Une fois de plus, aux côtés des États-Unis, du Royaume-Uni et de l’Union européenne, le Canada maintient la pression sur le régime bélarusse pour qu’il mette fin à ses attaques répétées contre les droits de la personne et la dignité du peuple du Bélarus.  

«LA DÉTENTION DE M. PROTASEVICH ET DE MME SAPEGA EST UNE ATTAQUE CONTRE TOUS CEUX QUI CROIENT À LA LIBERTÉ D’EXPRESSION. LE CANADA ET SES PARTENAIRES CONTINUERONT À MAINTENIR LA PRESSION SUR LE RÉGIME BÉLARUSSE EN RAISON DE SES VIOLATIONS DES DROITS DE LA PERSONNE, ET LE CANADA CONTINUE À EXIGER UNE ENQUÊTE IMPARTIALE SUR TOUTES LES ALLÉGATIONS DE TORTURE ET AUTRES TRAITEMENTS CRUELS ET INHUMAINS AU BÉLARUS.», MARC GARNEAU, MINISTRE DES AFFAIRES ÉTRANGÈRES

À ce jour, le Canada a sanctionné 72 personnes et 5 entités bélarussiennes au titre de la Loi sur les mesures économiques spéciales, étant donné le mépris constant des droits de la personne dont fait preuve le régime bélarusse.

Les États-Unis et l’Europe sanctionnent eux aussi le Bélarus

Les sanctions financières ciblées et des restrictions de visa à plusieurs dizaines de responsables et entités de la Biélorussie ont été prises en coordination par les États-Unis, l’Union européenne, le Royaume-Uni et le Canada.

Ces mesures punitives, qui visent notamment de proches conseillers du président Alexandre Loukachenko et des responsables clés des ministères de l’Intérieur et de l’Information ainsi que du système judiciaire et des services de renseignement, sont une réponse au détournement d’un avion fin mai afin d’arrêter un opposant, mais aussi, plus largement, à « la répression persistante en Biélorussie » et aux violations des droits de la personne, a déclaré le chef de la diplomatie américaine Antony Blinken dans un communiqué.

«Ces sanctions coordonnées démontrent la ferme détermination transatlantique à soutenir les aspirations démocratiques du peuple de la Biélorussie», a-t-il ajouté.

Le Trésor américain a gelé les éventuels avoirs aux États-Unis de 16 personnes et cinq entités, qui se verront également barrer l’accès au système financier américain.

Il s’agit notamment d’une porte-parole du président Loukachenko, Natalia Mikalaeuna Eismant, de la présidente de la chambre haute du Parlement de la Biélorussie, Natalia Ivanauna Kachanava ou encore du chef des services de renseignement Ivan Tsertsel.

De son côté, le département d’État américain a interdit d’entrée aux États-Unis 46 responsables de la Biélorussie – portant à 155 le nombre de personnes visées par des restrictions de visa américain en lien avec la crise dans ce pays.