Alors que les talibans ne cessent de gagner du terrain, Washington appelle à «cesser» les violences et à des «négociations sérieuses»

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Un Humvee de l'armée afghane patrouille dans la ville de Kunduz, au nord de Kaboul, en Afghanistan, le lundi 21 juin 2021. Des combattants talibans ont pris le contrôle d'un district clé de la province de Kunduz au nord de l'Afghanistan lundi et ont encerclé Kunduz, la capitale provinciale. (Twitter)
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Les États-Unis ont appelé mardi les belligérants à «cesser» les violences en Afghanistan, dont ils jugent les talibans largement «responsables», trois jours avant une visite du président afghan Ashraf Ghani à la Maison-Blanche.

«Nous exhortons les parties à s’engager dans des négociations sérieuses pour définir une feuille de route politique pour l’avenir de l’Afghanistan», a déclaré le porte-parole du département d’État américain Ned Price aux médias..

«Nous continuons à appeler à la fin des violences actuelles qui sont en grande partie causées par les talibans», a-t-il dit.

«La violence doit cesser», a-t-il martelé. «Nous continuons de penser qu’une résolution négociée» est «la seule manière de mettre fin à 40 années de guerre».

Mais on pourrait légitimement se demander, maintenant que la date-butoir pour le retrait américain, fixée au 11 septembre, semble coulée dans le marbre, quel poids et quelle influence peut bien avoir encore Washington, si ce n’est de menacer de priver un éventuel gouvernement taliban de la reconnaissance internationale et de l’aide qui l’accompagne. Mais il est loin d’être acquis que les talibans soient vraiment sensibles à ce genre de menace.

Pendant ce temps, en plein retrait des forces américaines, les insurgés ont pris mardi le contrôle de la principale route de sortie de l’Afghanistan vers le Tadjikistan, un axe névralgique dans les relations économiques avec l’Asie centrale.

Selon des sources locales, la guerre a maintenant atteint la périphérie de la ville de Kunduz, les mêmes sources déclarant que les forces du gouvernement de Kaboul se sont également retirées de la zone portuaire de Sher Khan Bandar, qui borde le Tadjikistan.

Les talibans multiplient leurs offensives depuis le début, en mai, du retrait des soldats américains, qui progresse très vite. Mais le Pentagone a laissé entendre lundi que ce retrait pourrait être volontairement ralenti pour faire face aux attaques des talibans – tout en respectant la date-butoir du 11 septembre pour un départ complet.

Au cours des dernières 24 heures, selon des sources locales, les talibans ont capturé les districts de Gul Tapa, Ali Abad et Chahardara à Kunduz, les districts de Baghlan-e-Markazi et Nahrain à Baghlan, les districts de Khamab et de Qarqin à Jawzjan, Jaghato à Maidan Wardak, Lajmangal et Ahmadkhel à Paktia, Shajoy à Zabul, Maiwand à Kandahar et Choora à Uruzgan.

Dans le nord du pays, les combats se poursuivent dans les capitales provinciales de Kunduz city à Kunduz, Maimana à Faryab, Taluqan à Takhar, Pul-e-Khumri à Baghlan et Sar-e-Pul city à Sar-e-Pul.

Le gouvernement afghan a déclaré mardi que les Forces nationales de sécurité et de défense afghanes (ANDSF) avaient repris trois districts stratégiques aux talibans, le district de Balkh à Balkh, le district de Dushi à Baghlan et le district d’Ali Abad à Kunduz, mais même là, avec la chute de plusieurs districts au cours des dernières 24 heures, le nombre total de centres pris par les talibans au cours des deux derniers mois est maintenant de 70.

Et c’est sur ce fond de violence et progrès militaire des talibans que le président des États-Unis Joe Biden doit recevoir vendredi son homologue afghan Ashraf Ghani à Washington, ainsi qu’Abdullah Abdullah, responsable processus de paix au sein des autorités de Kaboul et des négociations avec les talibans.

*Avec AFP