Au milieu des tensions avec les Britanniques, la Russie lance des exercices de grande ampleur en Méditerranée

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L’armée russe a lancé ce vendredi des manœuvres militaires de grande envergure en Méditerranée avec des avions de combat capables de transporter des missiles hypersoniques, une autre démonstration de force en pleine montée des tensions à la suite d’un incident avec un destroyer britannique en mer Noire.

Moscou a déclaré qu’un de ses navires de guerre avait tiré des coups de semonce et qu’un de ses avion de combat avait largué des bombes sur le chemin du destroyer britannique HMS Defender mercredi pour le forcer à quitter une zone près de la Crimée que la Russie revendique comme étant ses eaux territoriales. La Grande-Bretagne a pour sa part démenti ce récit, a insisté sur le fait que son navire n’avait pas fait l’objet de tirs et a déclaré qu’il naviguait dans les eaux ukrainiennes.

Et aujourd’hui, les exercices russes commencé en Méditerranée orientale alors qu’un groupe aéronaval britannique se trouve dans la région. Plus tôt cette semaine, des chasseurs F-35 britanniques et américains du HMS Queen Elizabeth ont effectué des sorties contre le groupe État islamique.

Au Moyen-Orient, la Russie mène une campagne militaire en Syrie depuis septembre 2015, permettant au régime du président syrien Bashar El Assad de reprendre le contrôle de la majeure partie du pays après une guerre civile dévastatrice qui a débuté en 2011.

Selon le plan de l’exercice, cinq navires de la Marine russe (dont le croiseur lance-missiles Moskva, les frégates Admiral Essen et Amiral Makarov), ainsi que deux sous-marins Stary Oskol et Rostov-na-Donu avec les avions anti-sous-marins Tu-142MK, Il-38, les bombardiers à longue portée Tu-22M3 et les avions MiG-31K effectueront des missions d’entraînement au combat pour assurer la sécurité de la base aérienne russe de Hmeimim et du centre logistique de la marine russe de Tartous, indique aujourd’hui le ministère russe de la Défense dans un communiqué.

Au cours de l’exercice conjoint des forces de la formation opérationnelle permanente de la Marine russe en mer Méditerranée et de l’aviation des Forces aérospatiales russes, les avions de combat MiG-31K et un avion anti-sous-marin Il-38 ont volé des aérodromes russes à la base aérienne russe de Hmeimim en Syrie, indique le communiqué du ministère russe de la Défense qui précise bien que les MIG-31k peuvent utiliser les derniers missiles hypersoniques «Kinzhal».

C’est la première fois que des avions de combat capables de transporter des missiles Kinzhal sont déployés hors des frontières de la Russie. L’armée russe affirme que le Kinzhal vole à 10 fois la vitesse du son et a une portée allant jusqu’à 2 000 kilomètres (environ 1 250 miles).

Les bombardiers à longue portée supersoniques Tu-22M3 à capacité nucléaire, eux, ont été déployés pour la première fois en Syrie le mois dernier lors d’une démonstration d’une présence militaire russe accrue en Méditerranée. Toujours selon le ministère russe de la Défense, ils effectueront pour leur part des vols d’entraînement au-dessus de la mer Méditerranée.

La base aérienne de Hmeimim, dans la province côtière syrienne de Lattaquié, sert de plaque tournante principale pour les opérations de Moscou dans le pays.

L’armée russe a modernisé la piste d’Hmeimim pour accueillir des bombardiers lourds et en a construit une seconde pour étendre les opérations là-bas.

La Russie a également agrandi et modifié une base navale dans le port syrien de Tartous, la seule installation de ce type que la Russie possède actuellement en dehors de l’ex-Union soviétique.

L’armée russe a augmenté le nombre et la portée de ses exercices au milieu de la montée des tensions dans ses relations avec l’Occident, relations qui sont tombées à leur niveau le plus bas depuis la guerre froide après l’annexion par Moscou en 2014 de la péninsule de Crimée en Ukraine.

Dans le cadre des efforts du président Vladimir Poutine pour renforcer l’armée russe, la marine russe a relancé ces dernières années la pratique de l’ère soviétique consistant à faire tourner constamment ses navires de guerre en Méditerranée.

S’adressant aux journalistes dimanche à bord du porte-avions britannique HMS Queen Elizabeth, le commodore Steve Moorhouse, a pour sa part déclaré que la Méditerranée orientale est devenue plus «encombrée et disputée» avec l’importante présence militaire russe en Syrie, entraînant des rencontres régulières avec des navires et des avions de guerre russes. le commodore a aussi noté qu’un navire de guerre russe s’est approché à moins de 10 kilomètres (16 miles) du porte-avions.