Fin de l’opération militaire française, mais le Pentagone maintiendra son soutien au Mali

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Tweet de Florence Parly : le Président de la République annonce la transformation en profondeur de l’opération Barkhane. (Ministère des Armées)
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Les États-Unis vont «continuer à soutenir» les opérations contre les djihadistes au Sahel malgré la fin annoncée de l’opération militaire française Barkhane, a assuré vendredi le porte-parole du Pentagone, John Kirby.

«Nous continuerons à contribuer au renforcement des capacités de nos partenaires en Afrique, ce qui inclut les capacités à mener des opérations antiterroristes», a déclaré M. Kirby au cours d’un point presse.

«Nous continuerons à fournir un certain soutien, du genre de celui que nous apportons aux Français selon leurs besoins dans la région», a ajouté le porte-parole du ministère américain de la Défense.

Au Sahel, Washington fournissait jusqu’ici à l’opération Barkhane de précieuses capacités de renseignement et de surveillance — notamment grâce à ses drones —, du ravitaillement en vol et du transport logistique.

L’armée américaine reste «attachée» aux opérations antiterroristes avec des partenaires en Afrique, a poursuivi John Kirby. «Une grande part est de les aider à créer leurs propres capacités pour mener ce genre d’opérations, et nous y sommes encore attachés.»

Le président français Emmanuel Macron a annoncé jeudi la fin de l’opération française Barkhane au Sahel au profit d’une coalition internationale.

«La France restera fortement engagée aux côtés des Etats du G5 Sahel dans leur lutte contre les groupes armés terroristes, qui reste une priorité absolue. Elle conservera un dispositif militaire significatif pour, avec ses partenaires européens et américain, accompagner, appuyer et soutenir les forces sahéliennes.», indique le communiqué du ministère français des Armées

Mais après huit ans de présence ininterrompue au Sahel, où sont aujourd’hui déployés 5100 de ses militaires, la France veut désormais passer d’un statut de force en première ligne contre les djihadistes à celui de force d’accompagnement et d’appui (renseignement, drones, avions de chasse…).

«La transformation de notre dispositif militaire au Mali sera conduite dans la logique d’européanisation et d’internationalisation de la lutte contre le terrorisme au Sahel, mise en œuvre depuis le sommet de Pau de janvier 2020. Elle devra permettre la poursuite de la mobilisation et de la coordination de la communauté internationale, en particulier des pays européens, plusieurs étant d’ores et déjà engagés à nos côtés, notamment au sein de la force Takuba ou au sein de la mission d’entraînement EUTM (European Union Training Mission), avec l’appui de moyens de réassurance français; elle devra permettre la poursuite du renforcement des capacités militaires des Etats du G5 Sahel, plus particulièrement de la Force conjointe du G5.», explique le communiqué.

«Cette évolution de notre action commune sera conduite en lien étroit avec le processus de transition au Mali, dans la perspective des futures élections, dans le respect de l’APR (Accord de paix et de réconciliation) et dans le strict respect du cadre et des conditions fixées par la CEDEAO (Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest) et l’Union africaine.», explique encore le ministère français des Armées.

La décroissance des effectifs militaires français s’opérera donc progressivement, avec un jalon à environ 3500 hommes d’ici un an puis 2500 personnes d’ici 2023, selon une source familière du dossier.  Les commandos d’élite de la task force française «Sabre» devraient être maintenus pour poursuivre la traque des chefs djihadistes.

*Avec AFP