Les États-Unis réduisent leur présence militaire au Moyen-Orient

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Le secrétaire à la Défense Lloyd J. Austin III et le général Mark A. Milley, président de l'état-major interarmées, témoignent devant le Comité sénatorial des crédits concernant la demande de budget de la défense de l'exercice 2022, Washington, D.C., 17 juin 2021. (DoD)
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Les États-Unis réduisent actuellement leur défense anti-aérienne au Moyen-Orient, après l’avoir renforcée en 2019 et 2020 en raison de tensions avec l’Iran, a indiqué vendredi le Pentagone, confirmant des informations du Wall Street Journal.

Le ministre de la Défense, Lloyd Austin, «a ordonné […] de retirer cet été de la région certaines forces et capacités, principalement des équipements de défense anti-aérienne», a indiqué dans un communiqué une porte-parole du Pentagone, la capitaine de frégate Jessica McNulty.

«Certains de ces équipements seront renvoyés aux États-Unis pour une maintenance et des réparations devenues très nécessaires. D’autres seront redéployés dans d’autres régions», a-t-elle ajouté.

La porte-parole n’a pas précisé si ces équipements seraient redéployés dans la région indo-pacifique, où le Pentagone veut focaliser ses efforts face à la montée en puissance de la Chine.

«Nous ne donnerons pas de détails», a-t-elle noté.

Selon le Wall Street Journal, le Pentagone a commencé début juin à retirer huit batteries antimissiles d’Irak, du Koweït, de Jordanie et d’Arabie saoudite, ainsi qu’un bouclier antimissile THAAD qui avait été déployé en Arabie saoudite.

Chaque batterie antimissile requiert la présence de plusieurs centaines de militaires, et leur retrait signifie le départ de milliers de soldats américains de la région.

Les États-Unis retirent actuellement l’intégralité de leurs forces d’Afghanistan et ont réduit à 2500 leurs effectifs militaires en Irak l’an dernier.

Au Moyen-Orient, plusieurs batteries Patriot avaient été envoyées en renfort dans la région après l’assassinat en janvier 2020 du général iranien Qassem Soleimani dans une frappe américaine.

Le système THAAD avait été déployé en Arabie saoudite quelques mois plus tôt, après des frappes aériennes contre deux sites pétroliers stratégiques dans le royaume saoudien, attribuées à Téhéran.

Et l’Iran est encore considéré comme une menace majeure au Moyen-Orient, même si le président Biden veut que les États-Unis réintègrent l’accord de Vienne sur le programme nucléaire iranien.

(Courtoisie/WSJ)

«Dans la mesure où l’Arabie saoudite a amélioré ses propres capacités défensives et que les États-Unis cherchent à résoudre les tensions avec l’Iran en utilisant des outils diplomatiques, cette décision a du sens», a déclaré Kathryn Wheelbarger, ancienne secrétaire adjointe à la Défense par intérim sous l’administration Trump et collègue. au Washington Institute for Near East Policy, citée dans le Stars and Stripes, le journal officiel des forces a,éricaines..

Pendant ce temps, les milices soutenues par l’Iran continuent de constituer une menace pour les forces américaines en Irak, où elles ont été blâmées pour des dizaines d’attaques à la roquette visant des bases abritant des troupes et des entrepreneurs américains.

Mais ces derniers mois, les milices semblent être passées à l’utilisation de petits drones volant à basse altitude armés d’explosifs en Irak et en Arabie saoudite. Les batteries Patriot capables d’abattre des missiles balistiques ne fournissent pas de défense contre les petites roquettes ou les drones, mais les systèmes de contre-roquettes, d’artillerie et de mortier, ou C-RAM, déployés pour protéger les systèmes antimissiles sont capables d’abattre ce qui a généralement été des barrages de roquettes Katyusha tirées à partir de camions de fortune ou de lanceurs au sol.

La porte-parole du Pentagone n’a toutefois pas répondu à la question de savoir si les C-RAM resteraient en place en Irak, ou ce que font les États-Unis pour renforcer leurs défenses contre les petits drones.

Plus tôt dans la semaine, cependant, le Corps des Marines a présenté son système intégré de défense aérienne marine, ou MADIS, un système de défense aérienne à basse altitude monté sur véhicule avec des capacités de contre-drone, déployé en Arabie saoudite, où le F/A-18D Hornets ont décollé de la base aérienne Prince Sultan ces dernières semaines.

Cette semaine également, l’armée a déclaré que la 4e division d’infanterie était devenue sa première unité à suivre une formation à la station d’accueil sur la lutte contre les petits drones avant de se déployer sous l’égide du CENTCOM. Cela incluait la familiarisation avec le M-LIDS («Mobile-Low, Slow, Small Unmanned Aerial Vehicle Integrated Defeat System»), qui est semblable au MADIS du Corps des Marines.

Les États-Unis enverront également des équipes de cinq personnes d’entraîneurs mobiles qui seront stationnées dans la région, a indiqué l’armée dans un communiqué lundi.

Le Pentagone est convaincu que son retrait n’aura pas d’impact négatif sur les intérêts de la sécurité nationale dans la région, a également déclaré la porte-parole du Pentagone.

«Nous maintenons une présence militaire robuste dans la région, appropriée compte tenu de la menace, et nous sommes convaincus que ces changements ne vont pas affecter nos intérêts de sécurité nationale», a souligné la porte-parole du Pentagone, Jessica McNulty.

Et «Nous maintenons aussi la flexibilité de renvoyer rapidement des forces au Moyen-Orient si nécessaire», a-t-elle ajouté.

*Avec AFP