Les groupes extrémistes de droite rarement désignés comme terroristes selon un rapport du GAFI

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Les États répertorient rarement les organisations d’extrême droite néonazies ou racistes comme terroristes, ce qui permet à celles-ci d’exploiter les différences entre juridictions pour trouver des sources de financement, constate le Groupe d’action financière (GAFI) dans un rapport publié ce mercredi.

Le Groupe d’action financière (GAFI) est un organisme intergouvernemental créé en 1989 par les ministres de ses états membres.  Les objectifs du GAFI sont l’élaboration des normes et la promotion de l’efficace application de mesures législatives, réglementaires et opérationnelles en matière de lutte contre le blanchiment de capitaux, le financement du terrorisme et les autres menaces liées pour l’intégrité du système financier international. Le Groupe d’action financière est donc un organisme d’élaboration des politiques qui s’efforce de susciter la volonté politique nécessaire pour effectuer les réformes législatives et réglementaires dans ces domaines.

Les groupes ne sont notamment pas répertoriés comme terroristes parce que « la plupart de leurs financements proviennent de sources légales », selon le document de l’organisation intergouvernementale chargée de la lutte contre le blanchiment d’argent, le financement du terrorisme et celui de la prolifération d’armes de destruction massive.

Les organisations d’extrême droite néonazies ou racistes « deviennent de plus en plus sophistiqués dans la manière de déplacer leurs fonds (qui servent au) financement d’attaques, à l’achat d’équipement, l’entraînement, à l’édition et à la diffusion de propagande, au recrutement, à l’animation de réseaux, au paiement de frais juridiques ou encore à l’acquisition et l’entretien de propriétés immobilières », dit le rapport du GAFI publié ce mois-ci.

Parmi les exemples cités par le rapport, le groupe néonazi Atomwaffen Division, fondé aux États-Unis en 2013 et qui s’est depuis implanté notamment au Royaume-Uni, au Canada et en Allemagne, se finance principalement avec des ventes en ligne de tee-shirts ou de tasses à l’effigie de l’organisation.

L’éveil à la menace des groupes d’extrême-droite a été lent

Le Canada, en février dernier, a inscrit sur sa liste des entités terroristes Atomwaffen Division et trois autres groupes associés à l’extrême droite, les Proud BoysThe Base, et le Mouvement impérial russe. Il n’est pas interdit d’afficher son association à ces groupes, mais il est illégal de les financer. Et, en juin, Ottawa, a inscrit quatre nouvelles entités terroristes à la liste du Code criminel, dont deux groupes extrémistes violents à caractère idéologique: Three Percenters et Aryan Strikeforce et un néo-Nazi américain, James Mason, qui a fourni de l’instruction idéologique et tactique sur la façon d’exploiter un groupe terroriste à des entités inscrites.

Mais peu de pays ont désigné ces groupes ou individus comme terroristes et il existe des différences dans les régimes juridiques des pays pour lutter contre leurs activités, souligne le rapport.

Les groupes d’extrême droite peuvent obtenir des fonds d’activités criminelles, mais la plupart des fonds proviennent de sources légales, telles que des dons, des cotisations et des activités commerciales. Parmi les exemples cités par le rapport, le groupe néonazi Atomwaffen Division, fondé aux États-Unis en 2013 et qui s’est depuis implanté notamment au Royaume-Uni, au Canada et en Allemagne, se finance principalement avec des ventes en ligne de tee-shirts ou de tasses à l’effigie de l’organisation.

Et, en dehors du champ des activités légales, «bâtir des liens avec le crime organisé permet aux groupes d’extrême droite de générer des revenus » et leur fournit des opportunités pour acquérir des biens illicites « comme des armes ou des faux documents d’identité », relève encore le GAFI.

Ces groupes deviennent en outre de plus en plus sophistiqués dans la manière dont ils déplacent et utilisent les fonds et il existe des liens transnationaux croissants entre les groupes, dit le GAFI.

Élever le niveau de prise de conscience du public et des dirigeants

Le rapport de l’organisme intergouvernemental met en évidence les défis liés à la lutte contre le financement du terrorisme d’extrême droite et à la prévention des attentats. Ces défis incluent la manière dont les pays perçoivent la menace, allant du terrorisme à la violence à motivation raciale.

Le rapport encourage les pays à continuer de développer leur compréhension de cette activité criminelle de plus en plus transnationale, notamment en prenant en compte le financement du terrorisme à motivation ethnique ou raciale dans leurs évaluations nationales des risques. Il encourage également les partenaires publics, privés et internationaux à travailler ensemble pour identifier les menaces et échanger les meilleures pratiques en matière de lutte contre le financement du terrorisme à motivation ethnique ou raciale.

Les conclusions de ce rapport sont basées sur les contributions d’environ 30 juridictions du réseau mondial du GAFI, ainsi que sur l’expertise du secteur privé et d’organismes internationaux en partenariat avec le GAFI.

Et en dehors du champ des activités légales, « bâtir des liens avec le crime organisé permet aux groupes d’extrême droite de générer des revenus » et leur fournit des opportunités pour acquérir des biens illicites « comme des armes ou des faux documents d’identité », relève encore le GAFI.

Pour combattre ce fléau, l’organisation internationale qui regroupe 37 pays s’est fixé pour objectif « d’élever le niveau de prise de conscience du public sur le terrorisme à motivation ethnique ou raciste et son financement », d’attirer l’attention des experts de la lutte anti-blanchiment sur ce genre de terrorisme, d’identifier des caractéristiques communes aux différentes organisations et de recommander « de bonnes pratiques aux autorités compétentes ».

Ethnically or Racially Motivated Terrorism Financing by Jacques Godboutbm on Scribd

*Avec AFP