Lors d’une réunion du parti unique nord-coréen, Kim Jong-un reconnaît une «situation alimentaire tendue»

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Le leader nord-coréen dirige la troisième réunion plénière du 8e Comité central du Parti du travail le mardi 15 juin 2021, a rapporté le lendemain l'Agence centrale de presse nord-coréenne (KCNA).
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Le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un, qui a présidé une réunion plénière du Parti du travail mardi sur des sujets concernant la situation internationale actuelle, la pénurie alimentaire et la lutte contre la pandémie et contre l’antisocialisme, a reconnu que le pays fait face à une «situation alimentaire tendue», ont rapporté ce mercredi des médias officiels, dont l’Agence centrale de presse nord-coréenne (KCNA).

La troisième réunion plénière du 8e Comité central du Parti du travail a été convoquée pour prendre des mesures afin de résoudre des sujets urgents en suspens pour améliorer l’économie et la vie du peuple et de discuter et de décider des tâches cruciales à accomplir dans le pays en tenant compte de la situation actuelle, selon KCNA.

Le Nord, dont l’économie est plombée par de multiples sanctions internationales imposées en riposte à ses programmes militaires interdits, est depuis longtemps la proie de graves pénuries alimentaires.

L’an passé, la pandémie de coronavirus ainsi que des typhons et des inondations ont fini de porter un sérieux coup à l’économie nord-coréenne.

Lors de la réunion plénière du Comité central du Parti des travailleurs au pouvoir, Kim Jong-un a affirmé que la situation économique s’est améliorée, avec une augmentation de la production industrielle de 2 % par rapport à l’année précédente, a rapporté mercredi l’agence officielle nord-coréenne KCNA.

Le leader a cependant reconnu avoir rencontré une «série de difficultés» en raison de nombreux «défis» à relever.

«La situation alimentaire est désormais tendue car le secteur agricole n’a pas pu atteindre son objectif de production de céréales en raison des dégâts causés l’an dernier par les typhons», a déclaré le leader nord-coréen.

Au cours de l’été 2020, des milliers de maisons et de terres agricoles ont été détruits par des typhons qui ont été accompagnés d’inondations.

Kim Jong-un a appelé à l’adoption de mesures afin de minimiser les conséquences de ces catastrophes naturelles, affirmant que s’assurer de «bonnes récoltes» était une «priorité de premier plan».

La pénurie alimentaire en Corée du Nord est chronique. Selon des données publiées le 14 juin par l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) sur les perspectives alimentaires de la Corée du Nord 2020/2021, le pays connaîtra une pénurie de 860.000 tonnes d’aliments cette année en raison d’une baisse de 10% de sa production alimentaire par rapport à la moyenne des cinq dernières années.

D’après ces données, la production alimentaire de la Corée du Nord a été estimée à 5,56 millions de tonnes entre novembre 2020 et octobre 2021, dont 2,21 millions de tonnes de riz.

Il est aussi «très probable» que la pandémie ait «aggravé» la situation humanitaire au Nord, où 10,6 millions de personnes sont dans le besoin, a récemment estimé le Bureau de coordination des affaires humanitaires (Ocha) de l’ONU.

Les Nord-Coréens face à une nouvelle «Marche forcée»

Le régime soutient que l’épidémie n’est pas arrivée sur son sol, ce dont doutent nombre d’experts, mais, toujours selon KCNA, la «situation durable» de la pandémie de coronavirus a également été évoquée lors de cette réunion.

Le Nord fut l’un des premiers pays à imposer de strictes restrictions sanitaires, parmi lesquelles la décision, très tôt, de fermer ses frontières et notamment avec son voisin chinois pour empêcher la propagation du coronavirus.

Le leader nord-coréen a toutefois noté que la poursuite de la lutte contre le coronavirus signifiait la prolongation d’une lutte pour garantir les besoins fondamentaux de la vie du peuple et a demandé aux institutions économiques de prendre des mesures méticuleuses pour répondre à cette situation défavorable.

Par ailleurs, le commerce avec Pékin, premier soutien économique et diplomatique du régime, s’est réduit à peau de chagrin.

Cet isolement a eu un coût économique élevé, au point que Kim Jong-un a reconnu en avril les difficultés auxquelles son pays était confronté. Il a ainsi appelé ses lieutenants à «mener une nouvelle “Marche forcée”, plus dure encore, afin d’aider la population face aux difficultés, ne serait-ce qu’un peu».

La «Marche forcée» est l’expression employée au Nord pour désigner la famine des années 1990 qui a fait des centaines de milliers de morts, à la suite de la réduction de l’aide de Moscou après l’effondrement soviétique.

*Avec AFP, Yonhap, KCNA