«Sécurité stratégique»: Moscou salue le «bon sens» américain

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Moscou s’est félicité jeudi de l’engagement des présidents russe et américain à un dialogue sur la «sécurité stratégique» et le désarmement nucléaire, voyant les États-Unis revenir au « bon sens », au lendemain du premier sommet entre les deux dirigeants.

Vladimir Poutine et Joe Biden ont paraphé un court texte affirmant leur volonté de mettre en place un «dialogue sur la stabilité stratégique», notamment sur la question du contrôle des armements nucléaires, alors que les États-Unis sous la présidence de Donald Trump se sont retirés d’accords bilatéraux et multilatéraux.

U.S.-Russia Presidential Joint Statement on Strategic Stability

JUNE 16, 2021

We, President of the United States of America Joseph R. Biden and President of the Russian Federation Vladimir Putin, note the United States and Russia have demonstrated that, even in periods of tension, they are able to make progress on our shared goals of ensuring predictability in the strategic sphere, reducing the risk of armed conflicts and the threat of nuclear war.

The recent extension of the New START Treaty exemplifies our commitment to nuclear arms control. Today, we reaffirm the principle that a nuclear war cannot be won and must never be fought.

Consistent with these goals, the United States and Russia will embark together on an integrated bilateral Strategic Stability Dialogue in the near future that will be deliberate and robust. Through this Dialogue, we seek to lay the groundwork for future arms control and risk reduction measures.

(Source: White House)

Interrogé sur les ondes de la radio Echo de Moscou, une importante station de radio privée qui diffuse non seulement dans la capitale russe, mais dans une trentaine de régions dans la Russie, le président russe a déclaré que le président Biden a pris une décision responsable et, de l’avis du président russe, absolument opportune de prolonger le traité START III de cinq ans, c’est-à-dire jusqu’en 2026:

Question : Vladimir Vladimirovitch, vous avez dit que la stabilité stratégique était l’un des sujets. Pourriez-vous nous dire plus en détail quelles sont les solutions à ce problème ? La Russie et les États-Unis vont-ils reprendre ou entamer des négociations sur la stabilité stratégique et le désarmement et, en particulier, sur le traité START III ? Envisagez-vous d’entamer des négociations sur sa nouvelle extension, peut-être en révisant les paramètres ou même en signant un nouveau traité dans ce domaine ?

Vladimir Poutine : Les États-Unis d’Amérique et la Fédération de Russie portent une responsabilité particulière pour la stabilité stratégique dans le monde, du fait au moins du fait que nous sommes les deux plus grandes puissances nucléaires – à la fois en termes de nombre de stocks de munitions, d’ogives, et le nombre de vecteurs, et le niveau, la qualité, la modernité des armes nucléaires. Nous sommes conscients de cette responsabilité.

Je pense qu’il est évident pour tout le monde que le président Biden a pris une décision responsable et, à notre avis, absolument opportune de prolonger le traité START III de cinq ans, c’est-à-dire jusqu’en 2024.

Bien sûr, la question se pose de savoir quelle est la suite. Nous avons convenu que des consultations commenceront au niveau interministériel sous les auspices du Département d’État américain et du ministère russe des Affaires étrangères. Les collègues au niveau de travail détermineront la composition de ces délégations, le lieu de travail et la fréquence de ces réunions.

«Même si c’est un texte très court, c’est un document commun sur la stabilité stratégique qui relève de la responsabilité particulière de nos pays pas seulement envers leurs peuples, mais devant le monde entier », a renchéri pour sa part porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov à propos de la déclaration commune sur ls sécurité stratégique.

De son côté le vice-ministre des Affaires étrangères russes, Sergueï Riabkov a qualifié la perspective d’un dialogue sur le désarmement nucléaire et le rejet de la guerre atomique de «réussite réelle».

Après le prolongement in extremis du traité de désarmement New Start en début d’année par Joe Biden, «c’est le deuxième pas de Washington en direction d’un retour au bon sens», a-t-il jugé, cité par l’influent quotidien économique Kommersant.

Selon lui, le dialogue sur la stabilité stratégique entre Russes et Américains doit commencer sous peu: «C’est une question de semaines, pas de mois».

La Russie et les États-Unis détiennent toujours, à eux deux, plus de 90 % des armes nucléaires dans le monde, selon le rapport 2020 de l’Institut international de recherche sur la paix de Stockholm (Sipri).

À l’issue de leur sommet à Genève, MM. Poutine et Biden ont jugé leur dialogue constructif, tout en constatant leur rivalité et de profondes divergences sur un grand nombre de dossiers.

Les relations russo-américaines n’ont cessé de se dégrader depuis des années, laissant craindre une nouvelle course aux armements.  

*Avec AFP

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