Le ministre israélien de la Défense se rend à Paris discuter de l’affaire Pegasus

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Le ministre israélien de la Défense, Benny Gantz, se rendra mercredi à Paris afin de «tenir au courant» les autorités françaises des derniers développements concernant la NSO, société de cybersécurité israélienne dont le logiciel Pegasus est soupçonné d’avoir été utilisé pour espionner Emmanuel Macron, rapporte ce matin l’Agence France-Presse.

Il fera le point avec son homologue Florence Parly sur «les questions stratégiques et de sécurité» et la «tiendra au courant au sujet de la NSO», a indiqué mardi dans un communiqué le ministère israélien de la Défense.

«La ministre des Armées profitera de cette rencontre prévue de longue date pour savoir quelle connaissance le gouvernement israélien avait des activités des clients de NSO et quels dispositifs avaient été mis en place-et le seront à l’avenir-afin de prévenir un détournement de ces outils hautement intrusifs», a-t-on également indiqué dans l’entourage de Florence Parly.

L’entretien aura lieu mercredi en fin d’après-midi à l’Hôtel de Brienne, siège de la ministre des Armées.

Permettant d’infiltrer des systèmes informatiques, le logiciel Pegasus est considéré comme un produit de cybersécurité offensif et doit donc obtenir le feu vert de l’Agence de contrôle des exportations militaires (DECA), qui dépend du ministère de la Défense israélien, pour être vendu à des pays tiers, au même titre qu’une arme.  

Pegasus est au cœur d’un scandale mondial d’espionnage qui a poussé l’ONG Reporters sans frontières à réclamer un moratoire sur ses ventes et la chancelière allemande Angela Merkel à demander plus de restrictions sur la vente de ces systèmes.  

Minister of Defense Benny Gantz and Defense Ministry officials seen during a press conference presenting new reforms for Rehabilitation Department, at the Defense Headquarters in Tel Aviv, April 22, 2021. Photo by Tomer Neuberg/Flash90

«Mauvais escient»

Les organisations Forbidden Stories et Amnistie internationale ont obtenu une liste de 50 000 numéros de téléphone, sélectionnés par les clients de NSO depuis 2016 pour être potentiellement surveillés, et l’ont partagée avec un consortium de 17 médias qui ont révélé son existence la semaine dernière.

Pegasus aurait permis d’espionner les numéros d’au moins 180 journalistes, 85 militants des droits humains ou encore de 14 chefs d’État dont le président français Emmanuel Macron-ce que NSO réfute.

Selon les médias français Le Monde et Radio France, des numéros d’Emmanuel Macron ainsi que ceux de l’ancien premier ministre Edouard Philippe et de 14 membres du gouvernement, dont le chef de la diplomatie Jean-Yves Le Drian, figuraient «dans la liste des numéros sélectionnés par un service de sécurité de l’État marocain, utilisateur du logiciel espion Pegasus, pour un potentiel piratage».

Régulièrement accusé de faire le jeu de régimes autoritaires, NSO assure que son logiciel Pegasus sert uniquement en théorie à obtenir des renseignements sur des réseaux criminels ou terroristes.

Le Parlement israélien a mis en place une commission pour enquêter sur des allégations selon lesquelles le logiciel d’espionnage Pegasus a été utilisé à «mauvais escient» par certains États pour espionner des personnalités, a indiqué jeudi dernier un haut responsable israélien.

Au cours de ses entretiens en France, Benny Gantz, ex-chef d’état-major de l’armée israélienne, doit aussi discuter de la situation au Liban voisin et de la question d’un accord sur le nucléaire iranien auquel l’État hébreu s’oppose, ont précisé ses services.

*Avec AFP

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