Les deux Corées rouvrent leurs lignes de communication transfrontalières directes

0
185
Des soldats sud-coréens et nord-coréens se font face, dans la zone démilitarisée (DMZ) intercoréenne, le 14 mai 2014. (Archives/Ed Jones/AFP)
Temps de lecture estimé : 3 minutes

Les deux Corées ont rouvert ce mardi 27 juillet les lignes de communication transfrontalières directes coupées par Pyongyang l’année dernière afin de protester contre les tracts de propagande en provenance du Sud, a déclaré la présidence sud-coréenne, un signe d’une possible amélioration des relations intercoréennes, rapporte l’agence sud-coréenne Yonhap.

Park Soo-hyun, conseiller de la présidence pour la communication publique, a annoncé que Séoul et Pyongyang avaient décidé de reprendre les communications via leurs lignes directes à partir de 10h.

La reprise des communications intercoréennes est le résultat d’un accord entre le président sud-coréen Moon Jae-in et le dirigeant du Nord Kim Jong-un, a expliqué la présidence sud-coréenne.

Il s’agit de la première annonce positive depuis la série de sommets, en 2018, entre le président sud-coréen Moon Jae-in et le leader nord-coréen Kim Jong-un, qui n’avaient permis aucune percée diplomatique d’importance.

L’Agence centrale de presse nord-coréenne (KCNA) a également confirmé la restauration, affirmant que les deux dirigeants s’étaient mis d’accord pour rouvrir «les lignes de communication intercoréennes coupées à travers de récents échanges de lettres personnelles».

En juin 2020, Pyongyang avait détruit le bureau de liaison intercoréen situé sur son sol qui était un des symboles de la détente sur la péninsule, faisant ainsi monter les tensions après des semaines d’attaques verbales contre le Sud.

Située dans la zone industrielle de Kaesong, où des entreprises sud-coréennes faisaient naguère travailler des ouvrier du Nord en versant leurs salaires à Pyongyang, le bureau de liaison se voulait lors de son ouverture en septembre 2018 le symbole de la détente apparue cette année-là sur la péninsule.

La restauration est intervenue 413 jours après que Pyongyang a rompu ces lignes en juin de l’année dernière pour protester contre le soi-disant échec de Séoul à empêcher des militants d’envoyer des tracts de propagande anti-Pyongyang.

Mais les tracts de propagande anti-Pyongyang n’étaient probablement qu’un prétexte.

Concrétisant les menaces de Kim Yo Jong, la puissante cadette du dirigeant nord-coréen Kim Jong Un, qui avait menacé de réduire en ruines cette institution «inutile», avait posé un geste d’éclat loin et fait exploser un bureau de liaison dans sa ville frontalière de Kaesong, coupant ainsi toutes les communications transfrontalières. Pyongyang semblait chercher à créer une crise de toutes pièces pour accroître la pression sur Séoul, au moment où les négociations internationales sur le nucléaire étaient dans une impasse.

Mais aujourd’hui, la Corée du Nord a déclaré que la restauration des canaux de communication intercoréennes jouerait un rôle positif dans l’amélioration des liens intercoréens.

«La Corée entière désire voir les relations Nord-Sud se remettre de la dépression et de la stagnation le plus tôt possible», a dit l’Agence centrale de presse nord-coréenne (KCNA).

«Les dirigeants du Nord et du Sud sont convenus de faire un grand pas dans le retour de la confiance mutuelle et de la promotion de la réconciliation en restaurant les canaux de communication intercoréens à travers des échanges de lettres personnelles», a ajouté l’agence officielle nord-coréenne. Et, ce matin, les dirigeants nord et sud-coréen ont échangé un premier appel téléphonique dans la matinée, a annoncé le ministère sud-coréen de l’Unification, la présidence sud-coréenne y voyant une première étape vers l’amélioration des relations.

Les hotlines militaires intercoréennes fonctionnent normalement de nouveau après avoir été suspendues pendant 13 mois, a confirmé ce mardi le ministère de la Défense, en notant que les deux Corées reprendront les appels journaliers réguliers via ces lignes de communication.

Le ministère sud coréen de la Défense a affirmé pour sa part que la restauration devrait apaiser les tensions militaires sur la péninsule coréenne et accélérer la mise en œuvre de l’accord destiné à réduire les tensions militaires signé le 19 septembre 2018 lors d’un sommet intercoréen tenu à Pyongyang.

L’Accord militaire global (CMA) appelle à une série de mesures de réduction des tensions comme l’arrêt de tous les actes hostiles réciproques et le lancement d’une opération conjointe de recherche de restes de soldats morts pendant la guerre dans la Zone démilitarisée (DMZ).

«La décision revêt une grande importance comme nous célébrons notamment le 68e anniversaire de la signature de l’accord d’armistice de la guerre de Corée aujourd’hui», a noté un officiel du ministère.

«Nous espérons qu’il y aura des discussions actives avec les autorités nord-coréennes sur divers projets conjoints.»

*Avec AFP, Yonhap et KCNA