Affaire Huawei: début des audiences d’extradition de Meng Wanzhou

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La directrice financière du Chinois Huawei, Meng Wanzhou, sort de chez elle, un bracelet électronique à la cheville, le 27 mai 2020 à Vancouver. (AFP)
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Un représentant du gouvernement canadien a soutenu mercredi que la directrice financière de Huawei s’était engagée dans des «ententes commerciales malhonnêtes» qui constituaient une fraude, lors de la première journée consacrée à l’examen du dossier d’extradition de Meng Wanzhou.

Ces audiences, qui ont lieu devant la Cour suprême de Colombie-Britannique, se déroulent alors que la justice chinoise vient de condamner deux Canadiens, l’un à la peine de mort pour trafic de drogues et l’autre à 11 ans d’emprisonnement pour espionnage.

La condamnation des deux Canadiens et la détention «arbitraire» selon Ottawa d’un ancien diplomate canadien à Pékin sont largement considérées comme des représailles à la suite de l’arrestation de Meng Wanzhou.

La fille du fondateur du géant chinois des télécoms Ren Zhengfei, arrêtée à l’aéroport de Vancouver en décembre 2018 à la demande des États-Unis, se bat contre son extradition vers ce pays.

La justice américaine accuse Meng Wanzhou, 49 ans, d’avoir menti à un cadre de la Banque HSBC lors d’une rencontre à Hong Kong en 2013 à propos des liens entre le groupe chinois et une filiale nommée Skycom qui vendait des équipements à l’Iran, exposant l’établissement à des sanctions américaines.

«Cette affaire est une affaire de transactions commerciales malhonnêtes», a affirmé Robert Frater, un avocat du gouvernement canadien plaidant au nom des États-Unis.

Selon lui, les déclarations de Meng Wanzhou faites à un cadre de la banque HSBC lors d’une rencontre à Hong Kong en 2013 « étaient malhonnêtes d’après ce qu’elle a dit et ce qu’elle n’a pas dit ».  

Cette rencontre, a-t-il dit, «était motivée par un désir de rassurer la Banque HSBC (à la suite de plusieurs reportages stipulant le contraire, NDLR) sur le fait que Huawei n’était engagée dans aucune activité susceptible d’amener la banque à enfreindre la loi sur les sanctions américaines.»

Robert Frater a plaidé que la directrice financière a «faussement essayé d’éloigner Huawei de Skycom». « La vérité, c’est que Huawei est Skycom», a-t-il renchéri.

Dans un communiqué émis la semaine dernière avant la reprise des audiences, Huawei Canada a appelé à rejeter l’incarcération de Mme Meng et indiqué que son avocat «fera valoir que les États-Unis n’ont pas réussi à produire un dossier d’accusation plausible visant à soutenir son extradition».

Les audiences doivent se terminer le 20 août, mais aucune décision n’est attendue avant quelques mois. En cas d’appel, la procédure judiciaire pourrait même durer encore plusieurs années.

*Avec AFP

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