Après l’Afghanistan, Washington abandonnera l’Ukraine tôt ou tard selon Moscou

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Dans un entretien avec le journal Izvestia paru jeudi 19 août, le très influent chef du Conseil de sécurité russe, Nikolaï Patrouchev, a estimé que le retrait d’Afghanistan illustrait la précarité de l’engagement américain auprès de ses alliés.(Izvestia)
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La Russie a estimé jeudi que le départ américain d’Afghanistan démontrait que tôt ou tard Washington allait aussi abandonner l’Ukraine, son allié face à Moscou, pour qui la défaite du gouvernement soutenu par les Américains en Afghanistan est une occasion en or d’ébranler confiance des alliés de l’Amérique en l’engagement de celle-ci envers eux.

Moscou et Kiev sont à couteaux tirés depuis l’arrivée en 2014 de pro-occidentaux au pouvoir en Ukraine, suivie par l’annexion de la Crimée par la Russie et d’une guerre avec des séparatistes prorusses dans l’est de l’Ukraine.

Les États-Unis soutiennent Kiev en lui fournissant notamment des armements et en formant les forces ukrainiennes.

Dans un entretien avec le journal Izvestia paru jeudi, le très influent chef du Conseil de sécurité russe, Nikolaï Patrouchev, a estimé que la confiance des dirigeants militaires et politiques des États-Unis et de leurs alliés dans le fait qu’ils contrôlaient pleinement la situation en Afghanistan a conduit à l’ignorance et à la sous-estimation de la situation réelle, estime chef du Conseil de sécurité russe qui affirme dans l’entretien avec le journal phare russe que cela est en partie le résultat de l’incompétence des services de renseignement des États-Unis, de la Grande-Bretagne et d’autres pays de l’OTAN, qui, apparemment, n’ont pas suffisamment soigné la collecte et l’analyse des informations ou ne les ont pas bien utilisées.

Les mêmes erreurs ont été commises dans d’autres régions du monde, notamment au Moyen-Orient, notamment en Syrie, en Irak, en Libye.

L’Amérique blâme le gouvernement d’Ashraf Ghani, qu’elle a elle-même porté au pouvoir, pour tout ce qui s’est passé, et parle aussi de l’insuffisance de la formation de l’armée afghane, mais aujourd’hui, les Afghans ordinaires paient le prix des erreurs de Washington. se plaît à souligner Nikolaï Patrouchev pour qui le retrait d’Afghanistan illustrait la précarité de l’engagement américain auprès de ses alliés.

«Le régime pro-américain déchu à Kaboul a-t-il été sauvé par le fait que l’Afghanistan avait le statut d’allié des États-Unis en dehors de l’OTAN ? », a ironisé Patrouchev, ajoutant que, selon lui, «la même chose attend les partisans des Américains en Ukraine».

«La Maison-Blanche va tôt ou tard oublier ses alliés à Kiev », a-t-il prédit. 

«Dans le même temps, Kiev sert obséquieusement les intérêts des clients étrangers, s’efforçant d’entrer dans l’OTAN. Mais le régime pro-américain déchu de Kaboul a-t-il été sauvé par le fait que l’Afghanistan avait le statut de principal allié des États-Unis en dehors de l’OTAN ? Une situation similaire attend les partisans du choix américain en Ukraine, où […] le pays se dirige vers la désintégration, et la Maison Blanche à un moment donné ne se souviendra pas de ses partisans de Kiev.» pour qui l’occasion d,nfoncer le clou était trop belle.

L’Ukraine réclame depuis des années que les Occidentaux accélèrent son adhésion à l’OTAN compte tenu de la menace russe croissante, ce à quoi ils se refusent, arguant de réformes insuffisantes mais aussi de peur de provoquer une escalade militaire avec Moscou.

*Avec AFP