Le major-général Fortin sera finalement accusé d’agression sexuelle

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Major-général Dany Fortin. (MDN)
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Le major-général Dany Fortin se rendra demain matin au poste de police de Gatineau pour faire face à un chef d’accusation d’agression sexuelle pour un incident présumé qui aurait eu lieu entre le 1er janvier et le 30 avril 1988.

Mise à jour 18/08/2021, 12h21

Comme prévu, le major-général Dany Fortin s’est rendu ce matin au poste de police de Gatineau pour faire face à un chef d’accusation d’agression sexuelle pour un incident présumé qui aurait eu lieu entre le 1er janvier et le 30 avril 1988. Vêtu de son uniforme militaire et arborant ses décorations, le major-général, accompagné de sa conjointe ainsi que de son avocat , a déclaré qu’il souhaitait «juste retourner travailler». C’est lundi qu’il dit avoir été convoqué « à sa grande surprise » par le Service national d’enquête des Forces armées canadiennes (FAC) pour procéder à son arrestation.

«C’est une journaliste qui m’a informé de la nature générale de l’allégation dans la foulée de mon renvoi», a le major-général, qui affirme que sa famille et lui ont « vécu un cauchemar » en n’ayant « aucune information au sujet d’allégations, de résultats de l’enquête ou de charges possibles » dans les derniers mois. «Mon équipe d’avocats a tenté à répétition de contacter les procureurs pour obtenir l’information, mais sans succès. J’ai donc dû lire à mon sujet dans les médias sans capacité ni moyens de défendre mon nom.», a dit Dany Fortin.

«J’ai eu l’honneur et le privilège de servir les Canadiennes et Canadiens pendant 36 ans, dans des circonstances et des endroits difficiles, incluant des zones de combat. Mais aujourd’hui, je me bats contre un ennemi invisible, un adversaire invisible. Et c’est l’épreuve la plus difficile de ma carrière», a-t-il expliqué aussi aujourd’hui devant le poste de police de Gatineau.

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Le 14 mai, le major-général Dany Fortin, grand responsable de la distribution du vaccins contre la Covid 19 partout au Canada, devait quitter son poste avec l’Agence de la santé publique du Canada en attendant les résultats d’une enquête militaire, déclarait dans un très bref communiqué le ministère de la Défense nationale et des Forces armées canadiennes.

Puis, le 19 mai, on apprenait que le directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP) avait été saisi du dossier du major-général Dany Fortin par le Service national des enquêtes des Forces armées canadiennes (SNEFC).

Entre ces deux dates, le 18 mai, on annonçait que la brigadier-général Krista Brodie allait dorénavant assumer la fonction de vice-présidente de la logistique et des opérations relatives aux vaccins en remplacement du major-général Dany Fortin. 

Quant aux allégations dont il fait l’objet, le réseau canadien de langue anglaise CTV News pour sa part avait rapporté un peu plus tard qu’en 1989 [on sait aujourd’hui que l’incident se serait produit entre le 1er janvier et le 30 avril 1988, NDLR]. celui qui n’était alors que l’élève-officier Fortin se serait «exhibé» devant une femme au Collège royal militaire de Saint-Jean, précisant que l’allégation, qu’a nié formellement le militaire par la bouche de son avocat, aurait été formulée il y a deux mois.

Et, pour compliquer encore davantage l’affaire, le major-général Fortin conteste la décision du gouvernement fédéral de le retirer de ses fonctions de responsable de la distribution des vaccins au Canada et ses avocats ont déposé à la Cour fédérale une demande de révision judiciaire de son éviction de l’ASPC qui sera entendue en septembre, peu après le prochain scrutin fédéral, faisant valoir que leur client a été privé de l’équité procédurale et que sa mise à l’écart ignorait, selon les avocats, de graves conséquences sur sa vie, sa réputation et sa carrière.

Et, dernier rebondissement dans cette affaire, l’officier supérieur sera maintenant accusé d’un chef d’accusation à 9 h mercredi matin. «L’incident présumé aurait eu lieu entre le 1er janvier et le 30 avril 1988», a précisé l’avocate Natalia Rodriguez, citée mardi soir par le quotidien montréalais La Presse. Me Rodriguez représente le major-général dans sa demande de révision judiciaire.

Voir aussi:

Inconduite sexuelle: le SNEFC transmet le dossier du major-général Fortin au Directeur des poursuites pénales et criminelles ­­­­>>

L’affaire Fortin: une affaire politique marquée par la division et la nervosité ?