Le vaste exercice conjoint russo-ouzbèke-tadjik près de la frontière afghane est terminé

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La Russie a terminé mardi des exercices militaires conjoints au Tadjikistan, à la frontière avec l’Afghanistan, où les talibans ont conquis plusieurs capitales provinciales ces derniers jours, à la faveur du retrait des forces américaines et de leurs alliés.

Les gains territoriaux des talibans suscitent l’inquiétude chez les ex-républiques d’Asie centrale, et la Russie, puissance régionale, y a multiplié les manœuvres militaires ces dernières semaines. La Russie avait donné donné le coup d’envoi de ces exercices militaires conjoints avec l’Ouzbékistan et le Tadjikistan près de la frontière tadjiko-afghane le 5 août.

Après une première phase en Ouzbékistan, se déroulait depuis une semaine la phase finale au Tadjikistan.

Un haut responsable de la Défense tadjike, Cherali Mirzo, a affirmé mardi que l’organisation djihadiste État islamique (EI) était l’un des «ennemis symboliques» combattus lors des exercices organisés avec la Russie.

Le général russe Alexandre Lapine, commandant de la Région militaire Centre, a déclaré pour sa part que les exercices se sont déroulés sur fond de «situation qui continue de s’aggraver en Afghanistan et de menace d’incursion de groupes terroristes radicaux aux frontières des pays d’Asie centrale».

Lapine a salué un «haut niveau de coordination» entre les forces russes, ouzbèkes et tadjikes lors de ces exercices et noté que l’exercice a été mené dans un contexte d’aggravation de la situation et de menace de pénétration de groupes terroristes radicaux dans les pays frontaliers de la région d’Asie centrale. «Je suis convaincu que les futures actions conjointes renforceront la communauté militaire, protégeront nos pays de l’agression militaire », a ajouté le commandant de la Région militaire Centre.

Scénario et déroulement de l’exercice

Au total, 2500 soldats, dont 1800 soldats de Russie, et environ 500 moyens militaires ont été impliqués dans l’exercice. 

Cette phase principale et finale de l’exercice conjoint russe-tadjik-ouzbek s’est terminée par la défaite des formations armées illégales simulées qui ont traversé la frontière de l’État.

Le personnel militaire des unités de tir a été soutenu par l’artillerie et l’aviation.

Cette phase de l’exercice a été menée au polygone Harb-Maidon dans le sud du Tadjikistan, à 20 kilomètres de la frontière entre le Tadjikistan et l’Afghanistan.

Les équipages de l’avion L-39 de la République du Tadjikistan ont effectué une reconnaissance aérienne de la région. Les pilotes ont transmis les coordonnées des cibles aux équipages des chasseurs Su-25 russes, aux équipages russes et tadjiks d’hélicoptères de combat Mi-24, ainsi qu’à ceux des camions lance-roquettes ′′Grad′′ et ′′Ouragan ».

Après la frappe initiale, les unités motorisées des trois pays, sur des véhicules blindés BTR-82 A, BMP-2, renforcés par les équipages de chars T-72, ont défait les principales forces de l’adversaire simulé. Et finalement, des unités spéciales du Tadjikistan parachutés d’un avion An-26 ont bloqué la retraite à l’adversaire.

Les mortiers de la 201 ème base militaire russe et des forces armées de la République d’Ouzbékistan ont pour leur part aidé à neutraliser l’ennemi simulé qui se cachait dans les montagnes.

Parallèlement, l’armée russe a annoncé mardi avoir envoyé de nouveaux armements — notamment des systèmes de défense antiaérienne portables et des fusils d’assaut — pour moderniser la base dont elle dispose au Tadjikistan.

Les dirigeants des ex-républiques d’Asie centrale s’étaient réunis la semaine dernière au Turkménistan pour évoquer la situation en Afghanistan, source de préoccupation notamment pour le Tadjikistan, qui partage près de 1300 km avec le pays en guerre.

*Avec AFP