L’Inde teste le INS Vikrant, son premier porte-avions «made in India»

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L’Inde conduit cette première semaine d’août 2021 les essais du INS Vikrant, son premier porte-avions «made in India» (Twitter/@AnirudhGB)
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L’Inde conduit cette semaine les essais du INS Vikrant, son premier porte-avions «made in India» et va participer à des exercices maritimes conjoints avec les États-Unis et des alliés de l’Indo-Pacifique.

L’INS Vikrant (262 m), dont les essais ont débuté au large du Kerala (sud) mercredi, est le deuxième porte-avions de la flotte de l’Inde, après l’INS Vikramaditya, un appareil de fabrication soviétique acheté en 2004.

Selon la marine indienne, le pays rejoint désormais «un groupe restreint de nations capables de concevoir et de construire elles-mêmes un porte-avions, ce qui témoignera vraiment de la volonté du gouvernement indien de “fabriquer en Inde”».

La marine plaide auprès du gouvernement en faveur d’un troisième porte-avions, le chef de la marine, l’amiral Karambir Singh, ayant déclaré que la force ne pouvait pas rester «immobilisée». La Chine, en quête d’influence dans l’océan Indien où New Delhi exerce traditionnellement la sienne, construit actuellement son troisième porte-avions.

Quelque 44 autres navires et sous-marins sont en ce moment en chantier dans le pays, selon les autorités.

Exercices conjoints en Asie du Sud-Est, en mer de Chine méridionale et dans le Pacifique occidental

Par ailleurs, la marine indienne a annoncé lundi qu’elle envoyait une force opérationnelle de quatre navires en Asie du Sud-Est, en mer de Chine méridionale et dans le Pacifique occidental pour deux mois d’exercices bilatéraux et multilatéraux, où elle sera notamment associée avec le Vietnam, les Philippines, l’Indonésie, le Japon, l’Australie et les États-Unis.

Le déploiement «vise à souligner la portée opérationnelle, la présence pacifique et la solidarité avec les pays amis pour assurer le bon ordre dans le domaine maritime et à renforcer les liens existants entre l’Inde et les pays de l’Indo-Pacifique », a-t-elle précisé.

Les navires indiens passeront plus de deux mois dans la région, a indiqué la marine dans un communiqué.

Le commandant Vivek Madhwal, porte-parole de la marine indienne, a déclaré mercredi que les navires participeront également à un exercice multilatéral, MALABAR-21, avec les marines japonaise, australienne et américaine, selon le communiqué. Il a déclaré que les exercices renforceraient la coordination avec les pays amis, sur la base d’intérêts maritimes communs et d’un engagement en faveur de la liberté de navigation.

«Outre les escales régulières, le groupe opérationnel opérera en collaboration avec des marines amies pour établir des relations militaires et développer l’interopérabilité dans la conduite des opérations maritimes », précise le communiqué.

L’Inde, le Japon, l’Australie et les États-Unis forment ensemble l’alliance informelle dite du « Quad », qui se veut un rempart contre la Chine. L’année dernière, 20 soldats indiens ont trouvé la mort dans un affrontement avec des soldats chinois sur la ligne de contrôle, séparant l’Inde et la Chine.

Cette année, l’Inde a également effectué des exercices navals avec la France et, plus récemment, avec une force opérationnelle britannique dans le golfe du Bengale, dirigée par le nouveau porte-avions HMS Queen Elizabeth. 

Cette semaine, la chaîne de télévision Al Jazeera a rapporté, s’appuyant sur des images satellitaires, des données financières et des preuves sur le terrain, que l’Inde serait en train de construire une installation navale dans la République de Maurice. Mercredi, l’île Maurice a indiqué qu’une piste d’atterrissage et une jetée étaient en chantier sur l’île d’Agalega, mais qu’elles ne seraient pas utilisées à des fins militaires. Le ministère indien des Affaires étrangères s’est toutefois refusé à commenter.

L’Inde se retrouve en outre dans une impasse avec la Chine au sujet de leur frontière contestée dans la région orientale du Ladakh. Les deux pays ont posté des dizaines de milliers de soldats soutenus par de l’artillerie, des chars et des avions de chasse le long de leur frontière de facto, appelée la ligne de contrôle réel.

L’année dernière, 20 soldats indiens sont morts dans un affrontement avec des soldats chinois impliquant des matraques, des pierres et des poings dans une partie de la frontière contestée. La Chine a déclaré avoir perdu quatre soldats.

*Avec AFP