Mer de Chine méridionale: Kamala Harris veut «faire monter la pression» sur Pékin

0
368
Un avion de surveillance américain survolé de nouvelles îles chinoises en mai 2015. (US Navy)
Temps de lecture estimé : 2 minutes

La vice-présidente américaine Kamala Harris, en visite au Vietnam pour tenter de renforcer les alliances face à la Chine, veut « faire monter la pression » sur Pékin pour qu’il renonce à ses revendications « abusives » sur les eaux contestées de mer de Chine méridionale.

«Nous devons trouver des moyens de faire pression et d’augmenter la pression, franchement, sur Pékin […] pour qu’il remette en cause ses revendications maritimes abusives et excessives» dans cette zone stratégique, a déclaré mercredi Mme Harris, lors de son entretien avec le président de la République vietnamienne Nguyen Xuan Phuc.  

Pékin revendique la quasi-totalité de cette mer, riche en ressources et par laquelle transite une grande partie du commerce maritime mondial. Plusieurs pays d’Asie du Sud-Est, dont le Vietnam, ont des revendications concurrentes.

«La marine américaine maintiendra une forte présence en mer de Chine méridionale», a promis Mme Harris, ajoutant vouloir «aider le Vietnam à y développer ses capacités de sécurité maritime», alors que Pékin est accusé d’y déployer des équipements militaires, dont des lance-missiles.

«La Chine s’oppose fermement au déploiement de forces […] pour intervenir dans les affaires régionales et perturber la paix et la stabilité régionales», a réagi le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Wang Wenbin, les médias d’État accusant Washington de vouloir «creuser un fossé» entre les pays d’Asie du Sud-Est et Pékin.

C’était la deuxième fois en deux jours que la vice-présidente américaine s’en prenait à la Chine.

Mardi, à Singapour, où elle a entamé sa tournée asiatique, elle avait dénoncé les tentatives chinoises d’«intimidation» dans la région, Pékin répliquant en lançant des reproches similaires sur l’attitude des États-Unis en Afghanistan.

Les relations glaciales entre Washington et Pékin vont rester au cœur de l’attention. Les différends sont nombreux, allant de la cybersécurité à la lutte pour la suprématie technologique ou aux violations des droits de l’Homme à Hong Kong et au Xinjiang.  

Et l’administration de Joe Biden poursuit pour l’essentiel le bras de fer entamé par Donald Trump.

La vice-présidente américaine s’efforce tout de même d’apaiser les craintes.  

À Singapour hier, elle a assuré que ces tensions croissantes ne doivent pas contraindre les pays étroitement liés aux deux puissances économiques à choisir leur camp.

Et aujourd’hui, elle a aussi insisté sur les défis communs aux quels sont confrontés l’Amérique et ses partenaires, dont le Vietnam: «Notre monde entre dans une nouvelle ère. Les défis auxquels nous sommes confrontés, du changement climatique aux cyberattaques, exigent une réponse concertée. Nos partenariats en Asie du Sud-Est sont d’une importance mutuelle pour la santé de notre population, la force de nos économies et notre sécurité collective», a-t-elle déclaré

Hanoï tente pour sa part de tracer sa propre voie entre Washington et Pékin.

Mardi, le premier ministre Pham Minh Chinh a rencontré l’ambassadeur de Chine, assurant que le Vietnam ne s’alignerait pas «avec un pays contre un autre».

*Avec AFP

Voir aussi:

En pleine débâcle en Afghanistan, Kamala Harris en tournée pour rassurer l’Asie du Sud-Est >>

En tournée en Asie, Kamala Harris dénonce les intimidations de Pékin en mer de Chine méridionale >>

FACT SHEET: Strengthening the U.S.-Vietnam Comprehensive Partnership AUGUST 25, 2021 STATEMENTS AND RELEASES>>