Dérapage en Afrique, un militaire du R22R braque son arme vers des enfants, fonce sur eux et profère des insultes racistes

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Des membres de la Force opérationnelle au Mali s’apprêtent à aider à mettre en place un point avancé de ravitaillement au cours de l’opération PRESENCE-Mali, le 16 février 2019. (Caporal François Charest/430e Escadron tactique d’hélicoptères (430 Esc Tac Hél)
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Un militaire québécois du Royal 22e Régiment, Marc-André Lévesque qui a plaidé coupable devant une cour martiale, a braqué à plusieurs reprises et sans raison son arme à feu vers des enfants sénégalais, lors d’un déploiement en 2019, en plus de foncer vers eux avec son véhicule, rapporte ce matin le quotidien montréalais La Presse sous la plume de Philippe Teiscera Lessard.

Marc-André Lévesque était déployé en Afrique dans le cadre de l’opération PRESENCE, la contribution des FAC à la Mission intégrée multidimensionnelle de stabilisation des Nations Unies au Mali (MINUSMA), en soutien à la stratégie des opérations de paix du gouvernement du Canada.

De janvier à mai 2019, Lévesque travaillait dans un aéroport du Sénégal qui servait alors d’arrière base logistique aux militaires canadiens.

«En mars 2019, le Sgt Lévesque a braqué sans excuse légitime, à plus d’une reprise, un pistolet, sans motif valable, sur des enfants sénégalais . Il a usé de subterfuges pour attirer ces enfants à proximité de lui pour ensuite les faire fuir en braquant sans motif valable son pistolet vers eux. Il a armé à de nombreuses reprises son pistolet. Les enfants apeurés se sont enfuis en criant», révèle une décision de cour martiale prononcée en novembre 2020, mais qui vient d’être rendue publique.

À la même période, «il a accéléré de 30 à 50 km/h avec son véhicule en direction d’un groupe d’enfants sénégalais lors d’une patrouille».

L’ex-sergent Lévesque, 34 ans, a aussi tenu des propos violemment racistes en qualifiant les locaux de «nègres», de «singes» et d’«esclaves»: «Il a notamment dit les mots suivants : “criss de n…” ; “esti de black” ; “tasse-toi du chemin, l’esclave” ; “criss de noir” ; “criss de singe” ; “les criss de n…, je vais aller leur câlisser une volée dans la cuisine, puis je vais les crisser en feu […]” ».

La cour martiale a déclaré que le comportement de Marc-André Lévesque «envers la population locale était un comportement haineux». La cour martiale a déclaré que le comportement de Lévesque «envers la population locale était un comportement haineux». Il a mis en péril «la santé et la sécurité» des enfants sénégalais qui ont été victimes de ces actes, en plus de miner «la confiance de la population locale ».

La défense a plaidé pour sa part que Lévesque souffrait de stress post-traumatique déclenché par ses trois déploiements en Afghanistan, en 2007, 2009 et 2011. La cour martiale a toutefois jugé que la «preuve à cet effet n’[était] pas probante, le diagnostic étant postérieur à son déploiement en Afrique». Mais la cour a accepté que les gestes de Marc-André Lévesque «aient pu, d’une certaine manière, être affectés par sa souffrance psychologique prédéploiement».

Lévesque a été rétrogradé, condamné à passer trois mois dans une prison militaire et a déjà été libéré des Forces. Marc-André Lévesque a de son côté fait une requête demandant à être incarcéré dans une prison civile du Québec plutôt qu’il soit envoyé dans la seule prison militaire au pays, en Alberta.

En 1993, des militaires du Régiment aéroporté canadien déployés sur une mission de paix en Somalie avaient tué un adolescent de 16 qui s’était s’était introduit par effraction sur la base après l’avoir torturé, en 2009 en Afghanistan, les militaires canadiens déployés en Afghanistan ont été accusés de transférer leurs prisonniers de guerre talibans aux autorités locales en sachant qu’ils risquent d’être torturés, rappelle le journaliste de La Presse.