La menace terroriste est «réelle et durable», prévient le chef du renseignement britannique

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Le chef du MI5, l’agence de contre-espionnage du Royaume-Uni, Ken McCallum. (Wikipédia)
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Le chef du renseignement intérieur britannique, Ken McCallum, a déclaré ce vendredi que la menace terroriste restait «réelle et durable» au Royaume-Uni et que la reprise de pouvoir des talibans en Afghanistan avait pu «enhardir» les extrémistes dans le pays.

Le patron du MI5 a déclaré à la BBC que son organisation avait, avec la collaboration de la police, «déjoué 31 projets d’attentats à un stade avancé en Grande-Bretagne» ces quatre dernières années avec «principalement des projets islamistes», mais aussi un «nombre croissant» de projets d’attaques venant de l’extrême droite.

McCallum a ajouté que six projets d’attentats avaient été déjoués ces deux dernières années, qui couvrent la période de la pandémie de coronavirus.  

«Donc, la menace terroriste pour le Royaume-Uni, je suis désolé de le dire, est une chose réelle et durable», a-t-il résumé, à la veille de la commémoration des 20 ans des attaques de l’organisation djihadiste Al-Qaïda contre le World Trade Center à New York, les attentats les plus meurtriers de l’Histoire.

Interrogé sur le retour des talibans au pouvoir en Afghanistan le mois dernier, le directeur général du MI5 a estimé que cela avait probablement «enhardi» les extrémistes.

McCallum a déclaré à l’émission Today de BBC Radio 4 que les actes terroristes à plus petite échelle commis par ceux déjà au Royaume-Uni constituaient le plus grand nombre de menaces auxquelles le MI5 est confronté.

Le groupe armé État islamique a « réussi à faire quelque chose qu’Al-Qaïda n’a pas fait » en inspirant de nombreuses personnes à tenter des actes de terrorisme à plus petite échelle, a-t-il expliqué et «Il ne fait aucun doute que les évènements en Afghanistan auront encouragé et enhardi certains de ces extrémistes, et rester vigilant à ce genre de risque, ainsi qu’à d’autres menaces, est ce sur quoi mon organisation se concentre», a-t-il déclaré.

La menace terroriste ne change pas «du jour au lendemain», a-t-il estimé mais il peut y avoir un «coup de pouce au moral des extrémistes déjà présents ici ou dans d’autres pays».

De plus, «Nous devons être vigilants à la fois face à l’augmentation du terrorisme inspiré qui est devenu une véritable tendance à laquelle nous devons faire face au cours des cinq à dix dernières années, ainsi qu’à la recrudescence potentielle des complots dirigés par Al-Qaïda.»

Car il existe toujours un risque d’augmentation des complots plus importants dirigés par des groupes terroristes comme al-Qaïda, a-t-il averti.

«La grande préoccupation provenant d’Afghanistan, parallèlement à l’effet d’inspiration immédiat, est le risque que les terroristes se reconstituent et nous posent à nouveau davantage de complots bien développés et sophistiqués du type de celui auquel nous avons été confrontés le 11 septembre et les années suivantes », a dit le chef du renseignement intérieur britannique.

Pour sa part, l’ancien chef d’état-major de la défense britannique, le général Lord Richards, a déclaré aujourd’hui à la chaîne radiophonique britannique d’information continue LBC News qu’il pensait que nous étions plus proches d’un «autre 11 septembre» après le retrait des États-Unis et du Royaume-Uni d’Afghanistan.

«Je crains que les talibans et certains groupes djihadistes extrémistes ne soient, quoi qu’ils en disent ,’dans la poche les uns des autres’» a-t-il déclaré à la chaîne radiophonique «Les comptes seront réglés, les dettes devront être remboursées et il y aura un espace non gouverné ouvert en Afghanistan que ces groupes exploiteront et la capacité des talibans à les gérer réellement sera minime.»

*Avec AFP