Le président ukrainien vient chercher le soutien ferme de Biden face à Moscou

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Le secrétaire à la Défense Lloyd J. Austin III accueille le président ukrainien Volodymyr Zelenskyy avant un échange bilatéral organisé au Pentagone, Washington, D.C., le 31 août 2021. (U.S. Air Force Staff Sgt. Jack Sanders)
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Le président ukrainien Volodymyr Zelensky vient demander mercredi à Joe Biden son ferme soutien face à la Russie, au moment où le retrait désordonné d’Afghanistan a suscité une onde de choc parmi tous les pays qui, comme le sien, ont tout misé sur le soutien militaire américain, rapporte aujourd’hui l’Agence France-Presse.

Mise à jour 01/09/2021, 17h15

Joe Biden a refait mercredi au président ukrainien Volodymyr Zelensky la promesse de le soutenir face à la Russie, tout en restant évasif sur la question très délicate de l’OTAN, que l’Ukraine voudrait rejoindre. «Les États-Unis restent déterminés à soutenir la souveraineté et l’intégrité territoriale de l’Ukraine face à l’agression russe», a dit le président américain dans le bureau ovale, en recevant son homologue ukrainien. Et sur le projet de gazoduc Nord Stream 2, le président américain, qui estime que ce projet est allé trop loin pour être stoppé, a ensuite obtenu de l’Allemagne un engagement à soutenir la sécurité énergétique de l’Ukraine, ce qui n’a toutefois pas rassuré totalement le président ukrainien.

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Cette visite prévue de longue date était initialement programmée lundi, avant d’être repoussée à mardi, puis mercredi.

Les dossiers délicats ne manquent pas, qu’il s’agisse de la gestion par Joe Biden du brûlant dossier du gazoduc Nord Stream 2, et du soutien militaire concret des Américains face aux séparatistes de Crimée, soutenus par Moscou.

Le chef d’État ukrainien repartira au minimum avec la promesse de 60 millions de dollars US d’aide militaire supplémentaire, sous la forme en particulier de dispositifs de missiles antichars Javelin, selon le Pentagone et la Maison-Blanche.

Les deux chefs d’État se retrouvent à 14 h à la Maison-Blanche, où M. Zelensky est seulement le second leader européen à être reçu par Joe Biden, après la chancelière allemande Angela Merkel.

Au-delà de cette marque de faveur, le chef d’État ukrainien et son pays «ont reçu autant d’attention de cette administration, et peut-être même plus d’attention, que tout autre pays européen» a fait valoir un haut responsable de la Maison-Blanche, interrogé sur les inquiétudes ukrainiennes.

2,5 milliards $ US d’aide militaire depuis 2014

En suspendant la plupart des sanctions liées au gazoduc Nord Stream 2, qui relie la Russie à l’Allemagne en contournant l’Ukraine, Joe Biden a déçu les Ukrainiens, qui lui reprochent d’avoir privilégié l’allié allemand. Et Zelensky n’a pas caché son amertume de voir Joe Biden rencontrer Vladimir Poutine avant lui.

Sa visite à Washington, au lendemain de la fin de l’intervention militaire en Afghanistan, prend une tout autre dimension. Les Russes ont vu dans la débâcle américaine un bon moyen de mettre en garde les pays, comme l’Ukraine, ayant tout parié sur le soutien de la première puissance militaire mondiale.

Mais la Maison-Blanche a souligné que depuis 2014, les États-Unis avaient alloué 2,5 milliards de dollars d’aide aux forces armées ukrainiennes, dont plus de 400 millions rien qu’en 2021.

Le président ukrainien, qui compte sur les États-Unis dans sa guerre contre les séparatistes liés à Moscou, s’est d’ailleurs rendu mardi au Pentagone où le ministre de la Défense Lloyd Austin lui a réitéré les engagements américains.

«Les États-Unis continueront d’exhorter la Russie à mettre fin à son occupation illégale de la Crimée ukrainienne [annexée par Moscou en 2014, NDLR] et chercheront à renforcer les liens entre les États-Unis et l’Ukraine», a déclaré le secrétaire à la Défense Lloyd J. Austin III au président ukrainien Volodymyr Zelenskyy et au ministre de la Défense Andrii Taran au Pentagone hier.

Le secrétaire à la Défense Lloyd J. Austin III et le président ukrainien Volodymyr Zelenskyy lors d’une réunion au Pentagone, à Washington, D.C., le 31 août 2021. (U.S. Air Force Staff Sgt. Brittany A. Chase)

Les États-Unis veulent renforcer le partenariat stratégique de défense avec l’Ukraine. À cette fin, Lloyd Austin a signé un accord-cadre de défense stratégique avec son homologue ukrainien Andrii Taran. L’accord vise à renforcer la coopération entre les deux pays et «fait progresser les priorités communes en garantissant que notre coopération bilatérale en matière de sécurité continue d’aider l’Ukraine à contrer l’agression russe», a déclaré le secrétaire américain à la Défense.

L’accord examine également les réformes de l’industrie de la défense à l’appui des aspirations de l’Ukraine à l’adhésion à l’OTAN et l’approfondissement de la coopération dans les domaines de la sécurité de la mer Noire, de la cyberdéfense et du partage du renseignement.

Est prévu également un accord de recherche, développement, test et évaluation qui fournira un cadre pour les armements bilatéraux et les projets de coopération technique militaire.

Moderniser la flotte

«L’Ukraine a besoin d’une flotte moderne et pour cela, nous avons besoin de partenaires. Je voudrais aborder ce sujet avec le président Biden», a déclaré mardi soir le président Zelensky.  

Quitte à laisser de côté des sujets moins concrets et de plus long terme, par exemple la potentielle adhésion de l’Ukraine à l’OTAN. «Nous n’avons pas le temps de réfléchir aux questions stratégiques. Nous devons mettre en place autant de protections que nous pouvons pour empêcher concrètement un renforcement» militaire russe, a-t-il ajouté.  

Selon certaines estimations, la Russie a massé en début d’année quelque 100 000 militaires à la frontière ukrainienne et en Crimée, avant de se replier en partie au printemps, ce qui n’a pas rassuré Kiev.

Autre dossier épineux au programme  les efforts déployés par M. Zelensky pour lutter contre la corruption, une demande répétée de Joe Biden.

Après le retrait d’Afghanistan, il y a fort à parier que les États-Unis vont se montrer encore plus sourcilleux sur la probité des administrations qu’ils soutiennent, et sur la destination des fonds et équipements qu’ils donnent. L’administration Biden est en effet bombardée de questions depuis plusieurs semaines sur les milliards de dollars dépensés pour l’armée et le gouvernement afghans qui ont cédé le pays aux talibans sans combattre, ou à peine.

*Avec AFP