Nouvelle alliance indo-pacifique américano-britannique-australie: des sous-marins nucléaires pour contrer la Chine

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Vue d'artiste d'un sous-marin nucléaire d'attaque américain de classe Virginia, des années 2000, lançant une torpille. (DoD)
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L’administration Biden a franchi une étape majeure mercredi dans sa réponse aux revendications territoriales de la Chine dans le Pacifique en annonçant que désormais, dans le cadre d’une nouvelle alliance du nom d’AUKUS, les États-Unis et la Grande-Bretagne aideraient l’Australie à déployer des sous-marins à propulsion nucléaire, renforçant ainsi la présence occidentale dans la région, rapportent les médias américains.

Ces sous-marins seraient construits à Adélaïde, en Australie, en étroite collaboration avec le Royaume-Uni et les États-Unis. La première grande initiative d’AUKUS sera de livrer une flotte de sous-marins à propulsion nucléaire à l’Australie, annonce la Maison-Blanche, ajoutant qu’«Au cours des 18 prochains mois, nous travaillerons ensemble pour chercher à déterminer la meilleure voie à suivre pour y parvenir» et prenant la peine de bien préciser que «Cela comprendra un examen approfondi de ce que nous devons faire pour exercer nos responsabilités de gérance nucléaire ici en Australie».

Une fois le plan concrétisé, l’Australie pourra donc commencer à effectuer des patrouilles de routine qui pourraient traverser des zones de la mer de Chine méridionale que Pékin revendique comme sa zone exclusive et cela, aussi loin que le nord que Taïwan.

L’annonce, faite par le président Biden, le Premier ministre britannique Boris Johnson et le Premier ministre australien Scott Morrison, est une étape majeure pour l’Australie, qui hésitait jadis à contrarier Pékin. Mais ces dernières année, l’Australie s’est sentie de plus en plus menacée et, il y a trois ans, elle a été parmi les premiers pays à exclure Huawei, le géant chinois des télécommunications, de ses réseaux.

Désormais, avec le déploiement d’une nouvelle flotte de sous-marins nucléaires, l’Australie deviendra un acteur beaucoup plus ‘musclé’ dans l’alliance dirigée par les Américains dans le Pacifique pour contrer la Chine. «Il s’agit d’investir dans notre plus grande force, nos alliances, et de les mettre à jour pour mieux faire face aux menaces d’aujourd’hui et de demain», a pour sa part déclaré le président américain Joe Biden depuis Washington lors d’un point de presse commun virtuel avec ses homologues britannique et australien. «Il s’agit de connecter les alliés et partenaires existants de l’Amérique de manière nouvelle.»

Joe Biden et le premier ministre australien Scott Morrison ont déclaré toutefois que l’Australie n’armerait pas les sous-marins avec des armes nucléaires. L’Australie est signataire du Traité de non-prolifération nucléaire, qui lui interdit d’acquérir ou de déployer des armes nucléaires.

Les sous-marins seraient plutôt armés de missiles de croisière conventionnels, mais, même ainsi armés, ils pourraient modifier l’équilibre des forces navales dans le Pacifique.

Les sous-marins équipés de systèmes de propulsion nucléaire ont une portée illimitée et fonctionnent si silencieusement qu’ils sont difficiles à détecter. Pour le premier ministre britannique Boris Johnson, le nouvel accord de défense va dans le sens de ses efforts pour développer une stratégie de «Grande-Bretagne mondiale» qui se concentre sur le Pacifique, la prochaine étape après la sortie du Royaume-Uni pays de l’Union européenne.

Cette annonce est le dernier acte d’une stratégie américaine visant à contrer l’expansionnisme économique, militaire et technologique de la Chine, stratégie menée par le président lui-même, son conseiller à la sécurité nationale, Jake Sullivan et son coordinateur pour l’Asie, Kurt Campbell.

Au cours des huit derniers mois, l’administration Biden a empêché la Chine d’acquérir des technologies clés, notamment des matériaux pour la production de semi-conducteurs, elle a exhorté ses alliés à rejeter Huawei, a resserré ses relations encore avec Taiwan; et a dénoncé la répression chinoise contre Hong Kong.

De plus, la semaine prochaine, Joe Biden réunira les dirigeants du «Quad» – un partenariat informel des États-Unis, du Japon, de l’Inde et de l’Australie – à la Maison Blanche pour une réunion en présentiel, une autre façon de démontrer une volonté commune de faire face à Pékin.

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