Pour que la «concurrence» ne dégénère pas en conflit, Biden s’entretient au téléphone avec Xi Jinping

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Parmi les sources des menaces, le renseignement américain a cité les adversaires traditionnels des Etats-Unis, comme la Russie, la Chine, la Corée du Nord et l'Iran, mais aussi les groupes terroristes et d'autres acteurs non-étatiques. (AFP)
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Le président américain Joe Biden s’est entretenu jeudi 9 septembre avec son homologue chinois Xi Jinping pour la première fois en sept mois, pour tenter de faire en sorte que la «concurrence» entre leurs deux pays ne se transforme pas en «conflit», a indiqué la présidence américaine, écrit le correspondant de l’Agence France-Presse à la Maison-Blanche, Sebastian Smith.

Pendant l’entretien, le président américain a fait passer le message selon lequel les États-Unis veulent s’assurer « que la dynamique reste concurrentielle et que nous n’ayons pas de situation à l’avenir où nous allons vers un conflit imprévu », a dit un haut responsable de l’administration américaine à des journalistes, écrit le journaliste.   

«Nos deux pays et le monde entier souffriraient en cas de confrontation sino-américaine», a abondé Xi Jinping auprès locataire de la Maison-Blanche, selon la télévision publique chinoise CCTV.

«L’avenir et le destin du monde dépendent de la capacité de la Chine et des États-Unis à bien gérer leurs relations. C’est la question du siècle, à laquelle nos deux pays devront répondre», a ajouté le numéro un chinois, soulignant que l’hostilité de Washington envers Pékin avait causé «de sérieuses difficultés» pour les relations bilatérales.

Il s’agit du premier entretien téléphonique entre les deux dirigeants depuis février alors que Joe Biden venait de succéder depuis peu à Donald Trump, et avait passé deux heures au téléphone avec le président chinois.

Les relations entre Washington et Pékin sont passées par un moment difficile sous Donald Trump, qui avait lancé une guerre commerciale entre les deux premières puissances mondiales.

Tout en défendant le multilatéralisme et en appelant à la fin de la politique de «l’Amérique d’abord» de l’ex-président républicain, l’administration Biden a maintenu les droits de douane et garde une ligne dure sur d’autres points de contentieux de la relation avec Pékin.

Mais selon la Maison-Blanche, l’impasse diplomatique est intenable et potentiellement dangereuse.

«Nous sommes pour une concurrence acharnée, mais nous ne voulons pas que cette concurrence dégénère en conflit», a dit le haut responsable sous couvert d’anonymat.

Readout of President Joseph R. Biden Jr. Call with President Xi Jinping of the People’s Republic of China >>

«mettre en place des garde-fous» et «garder les canaux de communication ouverts»

Le but de la conversation téléphonique de jeudi était de mettre en place des garde-fous afin que la relation soit «gérée de manière responsable», pour « que l’on atteigne vraiment une situation stable entre les États-Unis et la Chine», a précisé le responsable américain.

L’entretien visait à aborder des questions «larges et stratégiques», sans que des décisions concrètes soient attendues ou qu’un sommet entre les dirigeants soit fixé, selon le responsable.

Selon un compte-rendu de la Maison-Blanche, les deux dirigeants ont «discuté des domaines dans lesquels nos intérêts convergent, et des domaines dans lesquels nos intérêts, nos valeurs et nos perspectives divergent».

Des tentatives de parler à la Chine à un niveau moins élevé ne se sont pas très bien passées, notamment lors d’un échange tendu en mars entre le secrétaire d’État Antony Blinken et de hauts responsables chinois qu’il avait retrouvés à Anchorage, en Alaska.

«Nous n’avons pas été très contents du comportement de nos interlocuteurs», a dit le haut responsable aux journalistes.

Face à cette impasse, «le président Biden a compris l’importance de parler au président Xi directement», a-t-il souligné.

La liste des désaccords entre Washington et Pékin est longue et ne cesse de s’allonger.

En plus du commerce, figurent aussi notamment la question de Taïwan et les revendications de Pékin sur la mer de Chine méridionale.

Le coup de fil de jeudi visait à «garder les canaux de communication ouverts», selon le responsable.

*Avec AFP