Tensions au sujet de la Syrie: Poutine et Erdogan se rencontrent à Sotchi

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Les présidents turc Recep Tayyip Erdogan et russe Vladimir Poutine se sont rencontré le 29 septembre à la résidence officielle du président russe à Sotchi, sur la mer Noire. (service de presse du Kremlin)
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Sans révéler le contenu de leurs discussions, les présidents russe Vladimir Poutine et turc Recep Tayyip Erdogan se sont estimés mercredi satisfaits de leur rencontre en Russie à la résidence officielle du président russe à Sotchi sur la mer Noire où ils ont évoqué de récentes tensions en Syrie entre les deux puissances.

En raison de la pandémie, il s’agissait de la première rencontre en tête à tête entre les deux dirigeants en 18 mois, pandémie.

«Nous coopérons assez bien sur la scène internationale, y compris sur la Syrie et nos contacts tenus pour coordonner nos positions sur la Libye. Le centre conjoint russo-turc de surveillance du cessez-le-feu à la frontière entre l’Azerbaïdjan et l’Arménie travaille activement, et cette collaboration est une garantie majeure de stabilité et de coordination des positions des parties sur les prochaines étapes vers la réconciliation. Cependant, il y a de très nombreuses questions en suspens. Je suis content de vous voir en Russie, car il est impossible de tout discuter par téléphone», a déclaré Poutine au début de la rencontre, selon les services de presse du Kremlin.

«Nos actions communes sur le problème syrien sont également très importantes. La paix dans cette région dépend des relations turco-russes», a également déclaré le président russe.

Les deux dirigeants, qui n’ont pas donné de conférence de presse, étaient censés évoquer la situation dans le nord de la Syrie, où des raids russes ont tué dimanche onze combattants pro-Ankara, selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme.

Le ministre turc de la Défense, Hulusi Akar, avait dit mardi espérer que ces négociations permettraient de revenir à « une situation pacifiée » dans cette zone.  

« Merci pour votre visite. C’était très utile et instructif, nous restons en contact », a conclu le président russe à l’issue de trois heures négociations à Sotchi, sur les bords de la mer Noire.

Et sur Twitter, le dirigeant turc a pour sa part qualifié de «productive» cette entrevue, sans fournir plus de détails.

La Russie et la Turquie entretiennent des relations complexes partagées entre rivalités régionales et intérêts économiques et stratégiques communs.

Ces dernières années, elles se sont confrontées en Syrie, où elles soutiennent des camps opposés dans la région d’Idlib où se trouvent des combattants pro-Ankara et qui échappe au contrôle de Damas, soutenu par Moscou.

Les deux puissances ont parrainé en 2020 un accord de cessez-le-feu dans cette région.

Plus tôt dans la journée, Vladimir Poutine s’était félicité de la capacité d’Ankara et de Moscou à trouver, selon lui, « des compromis », malgré des négociations parfois difficiles.

«Je pense qu’il y a un grand bénéfice au fait que la Turquie et la Russie continuent de renforcer leurs relations», a abondé pour sa part le président turc.

Outre la Syrie, la Russie et la Turquie ont eu ces dernières années des différends dans le conflit en Libye et dans la récente guerre entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan dans le Nagorny Karabakh.

Parallèlement, elles se sont rapprochées à la faveur des tensions entre Moscou et les Occidentaux, et des relations de plus en plus délicates entre la Turquie et ses alliés de l’OTAN. La Russie a par exemple vendu des systèmes antiaériens S-400 aux Turcs, suscitant les protestations de Washington.

Ankara et Moscou ont aussi d’importants intérêts économiques communs, en particulier dans le tourisme et les exportations alimentaires.

Poutine a aussi mentionné l’inauguration en 2020 du gazoduc TurkStream, qui transporte du gaz russe via la Turquie et la mer Noire, en direction de l’Europe.

*Avec AFP