Au moins 47 morts dans une attaque contre une mosquée de Kandahar

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Au moins 32 personnes ont été tuées dans des explosions survenues vendredi dans une mosquée chiite de la ville de Kandahar, dans le sud de l’Afghanistan, une semaine après un attentat sanglant dans les mêmes circonstances à Kunduz (nord-est), revendiqué par l’organisation État islamique (EI), rapporte l’Agence France-Presse ce matin.

Mise à jour 15/10/2021, 15h00

Le bilan qui continue à grimper est maintenant d’au moins 47 personnes et 70 blessés. 

Mise à jour 15/10/2021, 13h38

Le bilan est monté à au moins 41 personnes ont été tuées lors de la prière du vendredi dans l’attentat-suicide contre une mosquée chiite de Kandahar, dans le sud de l’Afghanistan, le berceau des talibans, ainsi défiés en plein cœur de leur fief traditionnel. «Les gardiens de la mosquée ont abattu 1 kamikaze. 4 assaillants ont fait exploser leurs gilets suicide à l’intérieur de la mosquée et aux portes de la mosquée. Tout le monde fuyait, il y avait de la poussière, il y avait du sang, il y avait de la chair humaine quand il y a eu une autre explosion», a témoigné un fidèle qui était sur place, rapporte le journaliste afghan Bilal Sarwary, qui vit maintenant en exil à Toronto, mais a gardé un vaste réseau de sources en Afghanistan. Toujours selon ses sources deux explosions ont eu lieu aux portes de la mosquée et deux autres à l’intérieur de la mosquée. Le fait que l’EI-K puisse se permettre d’envoyer 4 kamikazes contre une cible «non stratégique et non combattante», à Kandahar, le berceau des talibans, devrait inquiéter considérablement les puissances régionales quant à la confiance de l’EI en elle-même et en ses possibilités de recrutement, font observer aujourd’hui plusieurs analystes.

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«Trente-deux morts et 53 blessés ont été amenés à notre hôpital jusqu’ici », a déclaré un porte-parole de l’hôpital central de Kandahar, sous couvert d’anonymat.

Les explosions ont touché la mosquée Imam Bargah, dans le centre de Kandahar, la deuxième plus grande ville du pays, au moment de la grande prière hebdomadaire du vendredi, a constaté un journaliste de l’agence de presse.

Un témoin, ayant requis l’anonymat, a raconté avoir entendu trois explosions, une à la porte principale de la mosquée, une autre dans sa partie sud et la dernière là où les croyants viennent faire leurs ablutions.

Une quinzaine d’ambulances se sont rendues sur place, alors que les forces de sécurité talibanes ont été déployées aux abords du site, dont l’accès restait bloqué, a constaté le journaliste de France-Presse.

De premières images de l’intérieur de la mosquée, ne pouvant être authentifiées dans l’immédiat, montraient des corps ensanglantés étendus sur le sol de la mosquée.

Ces explosions surviennent exactement une semaine après un attentat-suicide contre une mosquée chiite de Kunduz (nord-est), revendiqué par l’EI et qui a fait plusieurs dizaines de victimes.

«Hérétique»

«Nous sommes attristés d’apprendre qu’une explosion a eu lieu dans une mosquée de la confrérie chiite […]de la ville de Kandahar, dans laquelle un certain nombre de nos compatriotes ont été tués et blessés», a tweeté le porte-parole taliban du ministère de l’Intérieur, Qari Sayed Khosti.

« Des forces spéciales de l’Émirat islamique sont arrivées dans la zone pour déterminer la nature de l’incident et traduire les auteurs en justice », a-t-il ajouté.

Ce probable attentat n’a pas été revendiqué à ce stade.

Depuis leur arrivée au pouvoir le 15 août, les talibans, qui font du retour de la sécurité dans le pays après vingt ans de guerre leur priorité, sont confrontés à une vague d’attentats sanglants, menés par l’EI.

Sa branche locale, l’État islamique-Khorasan (EI-K), a ciblé ces dernières semaines les talibans et la minorité chiite afghane.

Vendredi dernier, à Kunduz, à la même heure, un kamikaze a déclenché un gilet explosif dans la foule lors de la grande prière du vendredi à la mosquée chiite de Gozar-e-Sayed, tuant au moins une quarantaine de fidèles.

L’attentat de Kunduz est l’attaque la plus meurtrière depuis le départ des troupes américaines du pays le 30 août.

L’EI-K, groupe sunnite rival des talibans et qui se présente comme le seul garant d’une vision aboutie de l’islam, a ciblé à de très nombreuses reprises ces dernières années la minorité chiite, considérée comme « hérétique ».

Les talibans eux-mêmes s’en sont souvent pris dans le passé aux chiites afghans, membres de la communauté hazara, qui représente entre 10 et 20 % de la population afghane (environ 40 millions d’habitants).

Mais depuis leur arrivée au pouvoir, ils se sont déterminés à en garantir la sécurité. 

*Avec AFP