Deux navires de guerre russe et américain ont frôlé l’incident vendredi en mer du Japon

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Sur cette photo tirée d'une vidéo publiée par le service de presse du ministère russe de la Défense, le destroyer américain USS Chafee est vu depuis le destroyer Admiral Tributs de la marine russe près des eaux territoriales russes dans la mer du Japon le vendredi 15 octobre 2021.
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Deux navires de guerre russe et américain ont frôlé l’incident vendredi en mer du Japon, lorsque la Russie a accusé l’US Navy de s’être approchée de trop près de ses eaux territoriales, ce que Washington a démenti.

Le ministère russe de la Défense a déclaré qu’un navire de guerre russe a empêché ce qu’il a décrit comme une tentative d’intrusion dans les eaux territoriales russes dans la mer du Japon d’un destroyer de la marine américaine. Le ministère russe affirme que le destroyer Admiral Tributs de la marine russe a dû s’approcher de près du destroyer américain USS Chafee pour le forcer à quitter la zone vendredi près des eaux russes qui avait été interdite à la navigation en raison d’un exercice d’artillerie russe.

Vers 17 h (4 h, HE), le destroyer américain USS Chafee, qui opérait en mer du Japon depuis plusieurs jours, «s’est approché des eaux territoriales de la Fédération de Russie et a tenté de franchir la frontière», a affirmé dans un communiqué le ministère russe de la Défense.

«Le navire anti-sous-marins Amiral Tribouts, qui se trouvait dans la zone, a lancé un avertissement au navire étranger concernant ces actes inadmissibles», ajoute le communiqué de Moscou.  

«L’USS Chafee, convaincu de la détermination de l’équipage russe à empêcher une violation des frontières nationales, a fait demi-tour à 17 h 50, alors qu’il se trouvait à moins de 60 mètres » de l’Amiral Tribouts, assure le ministère russe de la Défense.

La marine russe a également notifié au navire américain qu’il se trouvait dans une zone «fermée à la navigation en raison de tirs d’artillerie dans le cadre des manœuvres conjointes russo-chinoises Joint Sea 2021», ajoute le communiqué.

L’attaché militaire américain à Moscou a été convoqué au ministère russe de la Défense dans le cadre de l’incident avec le destroyer Chafee, qui, selon la Russie, a tenté de violer la frontière de l’État russe dans la mer de Japon, rapporte de son côté l’agence russe Interfax.

«Faux», rétorque l’US Navy

Mais Washington a carrément démenti les affirmations de la Défense russe.

L’USS Chafee «effectuait des opérations de routine dans les eaux internationales de la mer du Japon», a souligné la marine américaine dans un communiqué de la U.S. Pacific Fleet, qualifiant l’interaction entre les deux navires de «sûre et professionnelle».

Washington a reconnu que la Russie avait notifié les marins américains de manœuvres dans la zone, mais a souligné qu’elles étaient prévues «plus tard dans la journée».

L’USS Chafee a «respecté les lois et coutumes internationales», a ajouté la marine américaine, soulignant que les États-Unis «continueront de voler, naviguer et opérer partout où les lois internationales le permettent».

La région est dominée par la Chine qui voit d’un mauvais œil les patrouilles effectuées régulièrement par les États-Unis et leurs alliés dans les eaux internationales de la région pour faire valoir leurs droits à la liberté de navigation, mais les incidents avec la marine russe sont rares dans le Pacifique.

Moscou apparemment prêt à augmenter les enjeux

Par contre, la Russie, les États-Unis et leurs alliés de l’OTAN se sont fréquemment accusés mutuellement de manœuvres dangereuses et provocatrices ailleurs en mer et dans les airs alors que les relations russo-occidentales se sont détériorées depuis l’annexion de la Crimée par Moscou, les accusations d’ingérence russe dans les élections, et les multiples attaques informatiques qui remontent à la Russie .

En juin, la Russie a déclaré qu’un de ses navires de guerre avait tiré des coups de semonce et qu’un avion de guerre avait largué des bombes sur le chemin du destroyer britannique Defender pour l’éloigner des eaux de la mer Noire près de la ville de Crimée de Sébastopol. La Grande-Bretagne avait toutefois démenti ce récit, disant que son navire n’avait pas fait l’objet de tirs et avait déclaré qu’il naviguait dans les eaux ukrainiennes, mais les Russes ont maintenu leur version et présenté des vidéos à l’appui de leurs dires.

Lors d’autres incidents navals récents, le défense russe a déclaré que le destroyer britannique HMS Dragon avait pénétré dans les eaux russes près de la Crimée en octobre 2020 et que le destroyer américain USS John S. McCain aurait violé la frontière russe dans le golfe Pierre le Grand dans la mer du Japon. en novembre, la Russie rejetant les arguments américains et britanniques selon lesquels leurs navires de guerre exerçaient leur droit de «passage innocent» en vertu du droit maritime international.

À propos de l’incident de vendredi en mer du Japon, l’amiral russe à la retraite Viktor Kravchenko, ancien chef d’état-major de la marine russe, a déclaré pour sa part à l’agence russe Interfax qu’il aurait pu avoir de graves conséquences, ajoutant que «Les Américains voulaient apparemment tester notre force».

Quoi qu’il en soit, la manœuvre du navire de guerre russe lors de l’incident de vendredi, à la lumière des autres incidents récents, semblerait indiquer que Moscou est prêt à augmenter encore les enjeux dans ses interactions avec les navires de guerre occidentaux à l’avenir.

Voir aussi:

Coups de semonce contre le HMS Defender en mer Noire: Moscou présente des vidéos à l’appui de ses dires >>

*Avec AFP