Fête nationale de Taïwan: réponse musclée aux pressions de Pékin

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À l’occasion de la fête nationale, la présidente taïwanaise Tsai Ing-wen a appelé ce dimanche 10 octobre au maintien du statu quo politique dans un discours en réponse à la pression croissante de la Chine continentale.

Tsai Ing-wen a fermement rejeté la pression militaire chinoise lors d’un défilé lors de sa fête nationale présentant une rare démonstration des capacités de défense de Taïwan.

Alors que la Chine revendique Taïwan comme faisant partie de son territoire national bien que dans les faits l’île soit autonome, «Nous ferons tout notre possible pour empêcher que le statu quo ne soit modifié unilatéralement», a déclaré la présidente taïwanaise

«Nous continuerons à renforcer notre défense nationale et à démontrer notre détermination à nous défendre afin de garantir que personne ne puisse forcer Taiwan à emprunter la voie que la Chine a tracée pour nous», a-t-elle poursuivi. déclaré Tsai. «C’est parce que la voie que la Chine a tracée n’offre ni un mode de vie libre et démocratique pour Taïwan, ni une souveraineté pour nos 23 millions d’habitants.»

Taïwan, qui jouit d’un système démocratique, est dirigée par un pouvoir qui lui est propre depuis la victoire des communistes sur le Continent en 1949.Taïwan est devenue depuis une démocratie dynamique prête à défende son indépendance de fait tandis que la Chine reste un État communiste à parti unique autoritaire.

Plusieurs enquêtes montrent que la plupart des Taïwanais sont massivement favorables à leur État indépendant de facto actuel et rejettent fermement l’unification avec la Chine, qui prétend que Taïwan fait partie de son territoire national jusqu’à son contrôle par la force militaire si nécessaire.

Depuis l’arrivée au pouvoir du président chinois Xi Jinping, les tensions sont à leur plus haut niveau depuis quatre décennies.

Toute communication officielle avec Taipei a été rompue depuis l’élection en 2016 de Tsai Ing-wen, Pékin intensifiant la pression économique, diplomatique et militaire sur le territoire. La présidente taïwanaise est honnie par Pékin, car elle considère Taïwan comme un pays «déjà indépendant», et rejette le principe d’«une seule Chine».

Récemment, les avions militaires chinois ont multiplié les incursions dans la zone d’identification de défense aérienne (Adiz) de l’île. Un record de 150 appareils militaires chinois, dont des bombardiers H-6 à capacité nucléaire, ont fait des incursions dans l’Adiz dans les jours précédant et suivant le 1er octobre, date de la fête nationale en Chine.

Xi Jinping multiplie les démonstrations de force

Samedi, Xi Jinping a promis de «réaliser la réunification de la patrie par des moyens pacifiques», affirmant que c’est «dans l’intérêt général de la nation chinoise, y compris des compatriotes de Taïwan».

S’il s’est dit en faveur d’une «réunification pacifique», ces propos interviennent toutefois après des mois de menaces militaires croissantes, notamment des incursions aériennes et d’importantes manœuvres militaires destinées à simuler une invasion.

Depuis le début de l’année, plus de 600 avions des forces aériennes chinoises ont été détectés dans l’Adiz de Taïwan. En 2020, 380 avions avaient été détectés.

L’Adiz est un espace aérien dans lequel un État souhaite identifier et localiser les aéronefs pour des raisons de sécurité nationale.

La «ligne rouge»

La présidente taïwanaise n’a cependant rien fait pour proclamer officiellement l’indépendance de l’île, ce qui, aux yeux de Pékin, est la «ligne rouge» à ne pas franchir.

Elle a plutôt proposé des pourparlers avec Pékin, qui les a rejetés. La présidente, qui a réitéré dimanche son appel à un dialogue «d’égal à égal» avec la Chine et s’est dite favorable au maintien du statu quo actuel entre les deux voisins, a toutefois averti de nouveau que tout ce qui pourrait arriver à Taïwan aurait des conséquences régionales et mondiales majeures.

La mainmise grandissante de Pékin sur le territoire de Hong Kong qui, pour Pékin, est un modèle de la façon dont la Chine entend gouverner Taïwan, ne rassure pas les habitants sur le fait que leur mode de vie resterait inchangé sous le régime du parti communiste.

Bien que la plupart des Taïwanais sont favorables au maintien du statu quo, il existe en outre un sentiment nationaliste taïwanais croissant, en particulier chez les jeunes.

Mais, à défaut de l’indépendance formelle, tous les Taïwanais semblent prêts à se battre pour le maintien du statu quo et préserver leur indépendance de fait.

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