L’émissaire pour l’Afghanistan Zalmay Khalilzad quitte ses fonctions

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L'émissaire américain pour la paix et la réconciliation en Afghanistan Zalmay Khalilzad échange avec l'auditoire après un débat dans la station de télévision TOLO à Kaboul le 28 avril 2019. (Archives/AFP)
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Le chef de la diplomatie américaine, Antony Blinken, a annoncé ce lundi que l’émissaire américain pour l’Afghanistan Zalmay Khalilzad quitte ses fonctions où il avait surtout pour tâche de négocier la paix avec les talibans et qui n’ont pour ainsi dire plus de raisons d’être.

Cette décision intervient deux mois après l’évacuation précipitée par les forces américaines d’Afghanistan.

«Aujourd’hui, nos forces sont sorties, la guerre est enfin terminée pour les Etats-Unis et les coûts financiers très élevés de cet engagement peuvent désormais être orientés vers d’autres besoins vitaux.», écrit Zalmay Khalilzad dans sa lettre de démission, ajoutant toutefois que «l’arrangement politique entre le gouvernement afghan et les talibans ne s’est pas déroulé comme prévu.», mais que «Les raisons en sont trop complexes» et qu’il partagera plutôt ses «réflexions dans les jours et semaines à venir, après avoir quitté la fonction publique.»

L’ex émissaire ne cache pas sa déception: «Je suis bien sûr attristé au nom du peuple afghan que, malgré nos meilleurs efforts et une vaste diplomatie de navette de ma part et de celle de l’équipe ainsi que de nombreux appels de la communauté internationale, les Afghans n’ont pas utilisé cette opportunité de mettre fin à leur conflit de 40 ans dans un esprit constructif et avec un compromis équitable.

Il est tout de même remplacé par son adjoint Thomas West, qui fut un conseiller de la Maison-Blanche quand Joe Biden était vice-président, a précisé le secrétaire d’État dans un bref communiqué.

Les États-Unis avaient annoncé plus tôt dans la journée qu’ils ne participeraient pas aux pourparlers sur l’Afghanistan prévus mardi à Moscou et auxquels doivent prendre part la Russie, la Chine et le Pakistan. Ces rencontres « ont été efficaces dans le passé. Il nous est simplement difficile d’un point de vue logistique d’y prendre part cette semaine », avait déclaré à la presse le porte-parole de la diplomatie américaine, Ned Price.

Diplomate de carrière, né en Afghanistan et âgé de 70 ans, Zalmay Khalilzad a été le représentant de Washington dans les pourparlers avec les talibans à Doha, qui ont débouché sur l’accord de février 2020 prévoyant le retrait des forces américaines et étrangères de ce pays.

Avant de parvenir à cet accord, qualifié à l’époque d’historique, il a conduit pendant des mois d’intenses tractations qui l’ont mené de capitale en capitale, participé à des sommets dans de luxueux hôtels et donné des conférences dans de prestigieux centres de réflexion. Partout, il a assuré que les talibans étaient prêts à faire des concessions et à trouver un compromis. Mais au final, il sera devenu il aura surtout contribué au retour des talibans et à la mort de la république afghane et sera devenu le symbole de l’échec cuisant des États-Unis face aux talibans.

Né à Mazar-i-Sharif, dans le nord de l’Afghanistan, il parle couramment le pachtou et le dari, les deux principales langues du pays. Sa carrière reste associée aux «faucons» de l’administration de George W. Bush du début des années 2000, dont il était proche, en particulier le vice-président Dick Cheney.  

Il occupe divers postes au département d’État et au Pentagone avant d’être un très influent ambassadeur des États-Unis en Afghanistan de 2003 à 2005, puis d’occuper les mêmes fonctions en Irak. Il gagne une réputation de fin négociateur.

Ambassadeur des États-Unis à l’ONU de 2007 à 2009, il critique ensuite la gestion de la guerre afghane par le président Barack Obama, en particulier sa décision de retirer les troupes américaines. Il revient sur le devant de la scène en 2018 sous Donald Trump, nommé conseiller à la Défense nationale d’une administration qui avait décidé de parler aux talibans.

Le 29 février 2020 à Doha, les États-Unis signent en grande pompe avec les talibans un accord historique prévoyant le retrait de tous les soldats étrangers d’ici le 1er mai 2021. Les talibans s’engagent à ne pas attaquer les États-Unis et leurs alliés, mais leurs autres promesses – couper les ponts avec Al-Qaïda et autres groupes djihadistes, et négocier avec le gouvernement afghan –, restent lettre morte.

Le président Joe Biden avait confirmé le retrait américain, dont il a juste repoussé l’échéance au 31 août, et le 15 août, les talibans reprenaient le pouvoir.

*Avec AFP