L’ex-secrétaire d’État Colin Powell succombe à la COVID-19 à l’âge de 84 ans

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L’ancien secrétaire d’État sous George W. Bush, Colin Powell, est décédé à l’âge de 84 ans de «complications liées à la COVID-19», a annoncé sa famille lundi, rapportent les agences de presse.

Ses proches ont indiqué sur les réseaux sociaux que M. Powell était adéquatement vacciné. «Nous avons perdu un mari, un père, et grand-père remarquable et aimant, et un grand Américain», ont-ils déclaré dans un communiqué.

Colon Powell a été le premier Afro-Américain à avoir occupé le poste de chef d’état-major des armées, avant de devenir chef de la diplomatie américaine sous la présidence républicaine de George W. Bush.

Colin Powell est né à New York et a rejoint l’armée après avoir obtenu son diplôme de la City University of New York.

Il a gravi les échelons des forces armées au cours d’une carrière de plusieurs décennies qui a culminé avec son service d’abord en tant que conseiller à la sécurité nationale du président Ronald Reagan de l’époque et en tant que 12e président des chefs d’état-major interarmées, la plus haute nomination militaire dans le Département de la Défense.

Powell a ensuite été secrétaire d’État de l’ancien président George W. Bush de 2001 à 2006, supervisant la diplomatie américaine à la suite des attentats terroristes du 11 septembre 2001 et des invasions de l’Afghanistan et de l’Irak.

Il laisse dans le deuil trois enfants, deux petits-enfants et sa femme, Alma.

Colin Powell derrière lui la réputation d’un homme de grande intégrité qui avait envisagé de briguer la présidence, avant d’y renoncer.

Son image a toutefois été sérieusement écorchée en 2003, quand il s’est présenté devant le Conseil de sécurité des Nations unies pour plaider en faveur de la guerre en Irak. Il avait alors présenté des informations erronées selon lesquelles Saddam Hussein amassait secrètement des armes de destruction massive. Les affirmations irakiennes à l’effet contraire étaient une  toile de mensonges», avait-il dit.

Colin Powell avait été le premier dirigeant américain à publiquement attribuer la responsabilité des attentats du 11 septembre 2001 au réseau Al-Qaïda d’Oussama ben Laden. Il avait effectué une visite éclair au Pakistan en octobre 2001 pour exiger la collaboration du président pakistanais du moment, Pervez Musharraf, à l’offensive américaine contre le groupe installé en Afghanistan.

Al-Qaïda était aussi implanté au Pakistan et, réfugié à Abbottabad, c’est dans ce pays que ben Laden sera tué lors d’un raid des forces spéciales américaines en mai 2011

En tant que premier secrétaire d’État du président George W. Bush, Colin Powell était à la tête d’un département d’État qui se méfiait de la certitude de l’armée et des services du renseignement que Saddam Hussein possédait ou développait des armes de destruction massive. Malgré ses doutes, il a défendu la position de son administration devant le Conseil de sécurité des Nations unies. On considérera plus tard ce discours comme ayant été le pire moment de sa carrière, même s’il en avait retiré certains des éléments qu’il jugeait les plus douteux.

L’ex-président Bush a dit lundi que sa femme Laura et lui sont « profondément attristés » par le décès de son premier secrétaire d’État.

Colin Powell avait acquis une notoriété nationale sous des présidents républicains et avait envisagé sa propre campagne présidentielle, mais il s’est éventuellement éloigné de ce parti et il avait appuyé des démocrates lors des quatre derniers scrutins présidentiels, en commençant avec le président Barack Obama.

Il comptait parmi les plus importants détracteurs de Donald Trump au cours des dernières années, le décrivant comme une «honte nationale» qui aurait dû être destituée et chassée du pouvoir. Après l’insurrection du 6 janvier au Capitole, Colin Powell avait indiqué ne plus se considérer comme un républicain.

Colin Powell était passé d’une enfance dans un quartier dur de New York à chef de la diplomatie des États-Unis. « Mon histoire est celle d’un enfant noir qui ne semblait destiné à rien, issu d’une modeste famille d’immigrants qui a grandi dans le South Bronx », a-t-il écrit dans son autobiographie, «My American Journey », publiée en 1995.

Il a découvert le service militaire pendant ses études universitaires et est devenu en 1962 un des 16 000 conseillers militaires envoyés au Vietnam du Sud par le président John F. Kennedy.

En tant que chef d’état-major, son approche au conflit armé prendra le nom de «doctrine Powell», selon laquelle les États-Unis ne devraient participer à un conflit que s’ils ont des objectifs clairs et atteignables ; l’appui du public ; et la puissance de feu et la stratégie nécessaires pour mettre fin à la guerre.

Lors d’un entretien avec l’Associated Press en 2012, M. Powell avait maintenu que, en bout de compte, l’intervention américaine en Irak avait été couronnée de succès. «Je pense que nous avons connu plusieurs succès, a-t-il dit. Le terrible dictateur irakien n’est plus là.» Saddam Hussein a été capturé par les forces américaines dans le nord de l’Irak en décembre 2003 et plus tard exécuté par le gouvernement irakien.

Le conflit a toutefois duré plus longtemps que prévu. Barack Obama a retiré les forces américaines en 2011, mais des conseillers y sont retournés en 2014 quand Daech (le groupe armé État islamique) est arrivé de Syrie et a pris le contrôle de vastes territoires en Irak.

*Avec AFP