L’UE porte sa promesse d’aide à l’Afghanistan et à ses voisins à 1 milliard d’euros (1,44 milliards $ CAD)

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L’Union européenne accordera 700 millions d’euros supplémentaires (809,2 millions de dollars US) d’aide d’urgence à l’Afghanistan et à ses pays voisins, a annoncé la Commission européenne avant le sommet afghan du Groupe des 20 de mardi.

L’engagement porte l’engagement total de nouveaux financements à 1 milliard d’euros après la promesse précédente de l’exécutif européen de 300 millions d’euros pour aider à empêcher les services de base en Afghanistan de s’effondrer et de manquer de nourriture.

Après les États-Unis samedi et dimanche, les dirigeants talibans rencontraient ce mardi à Doha des responsables de l’Union européenne (UE), le nouveau régime afghan cherchant activement à rompre son isolement diplomatique.

«Nous devons faire tout notre possible pour éviter un effondrement humanitaire et socio-économique majeur en Afghanistan», a déclaré la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, dans un communiqué, ajoutant que l’Émirat islamique qui a pris le pouvoir à Kaboul le 15 août doit d’abord rencontrer les cinq conditions de l’UE pour une aide à plus long terme, particulièrement le respect des droits des femmes et des filles, avant une reprise de l’aide à long terme.

Les autres conditions incluent notammentle passage sûr des Afghans affiliés à l’UE et à ses États membres et des groupes vulnérables tels que défenseurs des droits humains, femmes, journalistes, militants de la société civile, policiers et responsables de l’application des lois, juges et professionnels du système judiciaire, y compris leurs familles.

En effet, dans l’ensemble explique le communiqué, l’aide au développement de l’UE à l’Afghanistan reste gelée. Les cinq critères convenus par les ministres des Affaires étrangères de l’UE restent valables et doivent être atteints avant que la coopération au développement régulière puisse reprendre.

Mais, d’ici là, le programme d’aide à l’Afghanistan combinera l’aide humanitaire de l’UE avec la fourniture d’un soutien ciblé sur les besoins essentiels au bénéfice direct du peuple afghan et des pays voisins.

L’annonce d’aujourd’hui comprend les 300 millions d’euros à des fins humanitaires déjà convenus. Ce soutien humanitaire s’accompagne d’un soutien supplémentaire et spécialisé pour les vaccinations, l’hébergement, ainsi que la protection des civils et des droits humains, précise l’UE.

La Commission européenne s’emploie à rendre possible l’utilisation des fonds destinés à l’Afghanistan de l’ordre d’au moins 250 millions d’euros pour un soutien « humanitaire plus » aux populations afghanes en situation d’urgence, notamment dans le domaine de la santé.

Ce financement soutiendra directement la population locale et sera acheminé vers les organisations internationales sur le terrain, tout en respectant les principes d’engagement établis par les conclusions du Conseil adoptées par les ministres des Affaires étrangères de l’UE en septembre.

Les voisins directs de l’Afghanistan ont été les premiers à assurer la sécurité des Afghans qui ont fui le pays, ajoute le communiqué de l’Union Européenne: «C’est pourquoi des fonds supplémentaires seront alloués pour soutenir ces pays dans la gestion des migrations, ainsi que dans la coopération en matière de prévention du terrorisme, de lutte contre le crime organisé et le trafic de migrants».

Ensemble, les différents volets de l’aide au peuple afghan s’élèveront à environ 1 milliard d’euros.

À moyen et à long terme, précise également le communiqué de l’UE, la Commission soutiendra avec un programme pluriannuel les États membres qui décident d’accueillir des Afghans à risque grâce à un financement de l’UE pour la réinstallation et l’admission humanitaire et d’autres voies complémentaires, ainsi qu’une assistance opérationnelle des agences de justice et des affaires intérieures de l’UE. .

L’Émirat islamique d’Afghanistan, une «réalité» difficile à avaler, mais une «réalité»

les dirigeants de l’Émirat islamique d’Afghanistan, ne cessant de répéter leur mantra «qu’il n’est dans l’intérêt de personne d’affaiblir l’Afghanistan», se montrent pour leur part satisfait des rencontres avec les Américains et, maintenant, les Européens.

Le chef de la diplomatie européenne, Josep Borrell, avait déjà affirmé que l’UE cherchait avant tout à prévenir un «effondrement» de l’Afghanistan. «Nous ne pouvons pas nous contenter de regarder et d’attendre. Nous devons agir, et rapidement».

Samedi à Doha, les talibans ont rencontré des responsables américains, premier face à face depuis la prise du pouvoir à Kaboul. Leur chef de la diplomatie, Amir Khan Muttaqi, a ensuite appelé les États-Unis à établir de «bonnes relations» et à ne pas «affaiblir l’actuel gouvernement afghan».

Martin Longden, chargé d’affaires britannique en Afghanistan avant l’évacuation de son ambassade, a pour sa part rappelé que son pays avait «insisté pour agir» sur les questions de «contre-terrorisme, de liberté de mouvement et de droits humains, dont l’éducation pour les filles».

Au terme de la rencontre des responsables américains et talibans le week-end au Qatar pour discuter de la sécurité et des droits de l’homme en Afghanistan, les États-Unis eux-mêmes ont accepté de fournir une aide humanitaire à l’Afghanistan, même s’ils refusent de reconnaître politiquement les talibans.

La reprise du pouvoir par les talibans est une «réalité dont nous devons tenir compte. Le plus important maintenant est d’interagir avec eux», a déclaré à Doha Mutlaq al-Qahtani, émissaire spécial du Qatar pour l’Afghanistan, esquivant lune question sur la reconnaissance éventuelle du régime des talibans par son pays.

*Avec AFP

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