OTAN: Stoltenberg d’explique sur les «espions russes» expulsés

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L’OTAN a décidé mercredi de retirer leur accréditation à huit membres de la mission russe à Bruxelles, car il fallait réagir à l’augmentation des «activités malveillantes» de la Russie en Europe, a expliqué jeudi le secrétaire général de l’Alliance, Jens Stoltenberg, rapporte aujourd’hui Radio Free Europe/ Radio Liberty.

«La décision n’est pas liée à un évènement particulier, mais nous avons découvert qu’il s’agissait d’agents de renseignement russes non déclarés, sous couverture, et nous avons constaté une augmentation des activités malveillantes de la Russie, au moins en Europe. Nous devions donc agir», a-t-il expliqué au lendemain de l’annonce de la décision le secrétaire général en réponse à une question de Rikard Jozwiak de Radio Free Europe/ Radio Liberty au cours du point de presse qui a suivi la réunion du Conseil de l’Atlantique Nord Réunion avec les conseillers à la sécurité nationale.

«Nous devons donc être vigilants et, bien sûr, nous devons agir lorsque nous constatons que des membres de la délégation russe auprès de l’OTAN mènent des activités qui ne sont pas conformes à leur accréditation. Par conséquent, leur accréditation est retirée.», a déclaré le secrétaire général.

L’OTAN a décidé mercredi 6 octobre de retirer leur accréditation à huit membres de la mission russe à Bruxelles, car il fallait réagir à l’augmentation des « activités malveillantes » de la Russie en Europe, a expliqué le lendemain le secrétaire général de l’Alliance, Jens Stoltenberg.

Moscou avait refusé une réunion

Jens Stoltenberg a annoncé avoir proposé à Moscou d’organiser une réunion du Conseil OTAN-Russie «pour discuter», mais les autorités russes ont refusé.

«J’ai rencontré le ministre des Affaires étrangères Sergueï Lavrov à New York, pendant l’assemblée générale des Nations Unies, mais nous ne sommes pas parvenus à nous entendre pour réunir le conseil OTAN-Russie», a expliqué le secrétaire général. Ce conseil a été créé en 2002 comme une instance de consultation et de coopération entre l’Alliance et la Russie.

Principal forum de dialogue entre les deux parties, le Conseil OTAN-Russie (COR), est donc au point mort, ne s’étant réuni que sporadiquement depuis 2014.

Pour sa part, la Russie a estimé jeudi que l’OTAN avait démontré son refus de normaliser les relations en retirant les accréditations des huit membres de sa mission auprès de l’Alliance.

«Il y a une contradiction évidente entre les déclarations de représentants de l’OTAN exprimant le désir de normaliser les relations avec notre pays et leurs actions», a souligné le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, rapporte de son côté l’agence russe Tass

«Ces actions ne nous permettent d’entretenir aucune illusion au sujet d’une normalisation des relations», a-t-il déclaré à la presse.

Les pays de l’Alliance atlantique avaient dénoncé en avril les «actions déstabilisatrices» de la Russie dans certains pays de l’Alliance et annoncé l’examen de mesures de rétorsion.

Empoisonnements

L’expulsion était la deuxième du genre ces dernières années.

L’OTAN avait décidé en mars 2018 de retirer leurs accréditations à sept membres de la mission russe et de les faire expulser de Belgique à la suite de l’empoisonnement de Sergueï Skripal, un ancien agent russe, et de sa fille au Royaume-Uni.

Le nombre des accréditations de la mission de la Russie à Bruxelles avait alors été réduit de 30 à 20. Il a été réduit mercredi à 10 et cette mesure sera effective à la fin du mois d’octobre.

La Russie accuse de son côté régulièrement l’OTAN, une alliance politico-militaire fondée en 1949 par les adversaires de l’Union soviétique, d’avoir des visées agressives à son encontre.

Moscou a toutefois une mission d’observateurs auprès de l’Alliance dans le cadre d’un programme visant à promouvoir la coopération sécuritaire sur certains dossiers.

*Avec Radio Free Europe/ Radio Liberty, Tass et AFP

Voir aussi:

Press Conference by NATO Secretary General Jens Stoltenberg following the meeting of the North Atlantic Council Meeting with the National Security Advisers >>