150 avions de guerre chinois dans la zone de défense aérienne de Taïwan

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La Chine a fait voler 12 bombardiers H-6 escortés par 36 chasseurs dans la zone de défense aérienne de Taïwan. Sur cette photo rendue publique par la Défense nationale de Taïwan, on peut voir un bombardier H-6 chinois intercepté par l'aviation taïwanaise lors d'une incursion chinoise précédente, le 18 septembre 2020. (Ministère de la Défense de Taïwan)
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Taïwan a annoncé que 52 avions des forces aériennes chinoises avaient pénétré lundi dans sa zone de défense aérienne, une nouvelle incursion record, au lendemain des déclarations des États-Unis sur les «provocations militaires» de Pékin dans cette région.

Mise à jour 05/10/2021, 8h38

Depuis la publication de l’article, les chiffres ont grimpé et ce sont 150 avions chinois qui ont fait des incursions dans la zone d’identification de défense aérienne (ADIZ) de Taïwan, un chiffre record.

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Le ministère taïwanais de la Défense a souligné qu’il avait fait décoller des appareils pour émettre des avertissements après que 36 chasseurs, 12 bombardiers H-6 ayant une capacité nucléaire et d’autres avions étaient entrés dans sa zone d’identification de défense aérienne (ADIZ) du sud-ouest.

Une zone d’identification de défense aérienne est un espace aérien dans lequel un État souhaite identifier et localiser les aéronefs pour des raisons de sécurité nationale.

La Chine considère Taïwan, une île peuplée de 23 millions d’habitants, comme une province rebelle appelée à retourner dans son giron, si nécessaire par la force.  

Depuis l’arrivée en 2012 de Xi Jinping à la tête de son pays, des avions de guerre chinois ont presque quotidiennement pénétré dans la zone d’identification de défense aérienne.

Vendredi, le jour anniversaire de la Chine communiste, un nombre record d’avions des forces aériennes chinoises, 38 au total, parmi lesquels un bombardier H-6 à capacité nucléaire, étaient entrés dans cette zone.

Samedi, un nouveau record avait été établi avec l’incursion de 39 appareils, selon le ministère taïwanais de la Défense.

Le lendemain, via un communiqué du département d’État, les États-Unis s’étaient dits «très inquiets» des «provocations militaires» de la Chine près de Taïwan, qu’ils avaient jugées «déstabilisatrices» pour la « paix et la stabilité régionales.

La déclaration du porte-parole du département d’État américain, Ned Price, prévient que l’activité militaire de la Chine près de Taïwan risque de provoquer une erreur de calcul et de compromettre la paix et la stabilité régionales.

«Les États-Unis sont très préoccupés par l’activité militaire provocatrice de la République populaire de Chine près de Taïwan, qui est déstabilisante, risque de provoquer des erreurs de calcul et sape la paix et la stabilité régionales. Nous exhortons Pékin à cesser ses pressions et coercitions militaires, diplomatiques et économiques contre Taïwan», a déclaré le porte-parole américain.

«Nous avons un intérêt constant pour la paix et la stabilité dans le détroit de Taiwan. Nous continuerons d’aider Taïwan à maintenir une capacité d’autodéfense suffisante et nous maintiendrons nos engagements tels qu’énoncés dans les Trois communiqués, la Loi sur les relations avec Taïwan et les Six assurances», a-t-il poursuivi, assurant que «L’engagement des États-Unis envers Taïwan est solide comme le roc et contribue au maintien de la paix et de la stabilité dans le détroit de Taïwan et dans la région».

Les Trois communiqués (1972, 1979, 1982) sont un recueil de trois déclarations conjointes faites par les gouvernements des États-Unis et de la République populaire de Chine (RPC) où, tout en reconnaissant la Chine populaire, les U.S.A. conditionnent la réduction de leurs ventes d’armes à Taïwan à la paix entre Pékin et Taipei. Les Six Assurance (1982), qui sont les six principes clés de la politique étrangère des États-Unis concernant les relations entre les États-Unis et Taïwan, affirment, entre autres, que les États-Unis n’ont pas accepté de fixer une date pour mettre fin aux ventes d’armes à Taïwan, n’ont pas accepté de consulter Pékin sur les ventes d’armes à Taïwan. Quant Loi sur les relations avec Taïwan (1979), elle prévoit que « les États-Unis mettront à la disposition de Taïwan les articles de défense et les services de défense en quantité nécessaire pour permettre à Taïwan de maintenir des capacités d’autodéfense suffisantes ».

Les États-Unis, le plus grand fournisseur d’armes de Taïwan, continueront donc d’aider le gouvernement à maintenir une capacité d’autodéfense suffisante. «Nous continuerons de nous tenir aux côtés de nos amis et alliés pour faire progresser notre prospérité, notre sécurité et nos valeurs communes et approfondir nos liens avec la démocratie taïwanaise», a conclu le porte-parole du département d’État américain dans son communiqué.

En 2020, 380 avions des forces aériennes chinoises ont été détectés dans la zone d’identification de défense aérienne de Taïwan et, depuis le début de cette année, ils sont plus de 600.

La Loi sur les relations avec Taïwan ne garantit pas que les États-Unis interviendront militairement si la RPC attaque ou envahit Taïwan, mais ne l’exclut pas.

*Avec AFP