Un ingénieur nucléaire américain et sa femme arrêtés pour espionnage

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Un sous-marin américain d'attaque rapide de classe Virginia quitte le chantier naval de Pearl Harbor à Hawaï, le 10 mai 2020. Un ingénieur nucléaire de la Marine et sa femme ont été accusés d'avoir tenté à plusieurs reprises de transmettre des secrets sur la conception, les opérations et les performances du sous-marin nucléaire de classe Virginia. réacteurs sous-marins. (Archives/Amanda Grey/U.S. Navy)
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Un ingénieur de la marine américaine et sa femme ont été arrêtés samedi en Virginie-Occidentale et inculpés pour avoir vendu des informations secrètes sur les sous-marins nucléaires au profit d’un gouvernement étranger, derrière lequel se cachait un agent du FBI infiltré, a annoncé dimanche la justice américaine.

«Pendant près d’un an», écrit le ministère américain de la Justice, l’ingénieur nucléaire de 42 ans, Jonathan Toebbe, aidé par son épouse de 45 ans, Diana, «ont vendu des informations protégées sur la conception de navires de guerre à propulsion nucléaire à une personne qu’ils croyaient être le représentant d’une puissance étrangère», mais qui était «un agent du FBI sous couverture». Le ministère n’a pas précisé de quelle «puissance étrangère» il s’agissait.

La plainte du procureur fédéral du district nord de Virginie-Occidentale, rendue publique, accuse le couple d’avoir transmis, «le ou aux alentours du 26 juin 2021», «des éléments de conception militairement sensibles, des paramètres d’exploitation et les caractéristiques de performance des réacteurs de sous-marins de la classe Virginia», la dernière génération des submersibles d’attaque de la flotte américaine.

Le suspect, un ingénieur employé au programme de propulsion nucléaire de la marine, «travaille depuis octobre 2012» sur ces questions, précise la plainte.

Les sous-marins nucléaires américains ont été récemment au centre d’une importante crise diplomatique entre Paris et Washington, quand l’Australie a annulé un mégacontrat avec la France pour annoncer un partenariat stratégique avec les États-Unis et le Royaume-Uni.

Dénonçant une «trahison», une «duplicité» et un «mépris» de la part de ses alliés, Paris avait rappelé ses ambassadeurs en Australie et aux États-Unis, un geste sans précédent envers ces deux pays, le 17 septembre.

Payé en cryptomonnaies

La plainte de la justice américaine raconte comment l’agent du FBI est entré en lien avec Jonathan Toebbe, après l’interception d’un premier colis contenant notamment «des documents de la marine» et une carte informatique donnant la marche à suivre pour établir un contact sur une messagerie cryptée.

«Je m’excuse pour cette mauvaise traduction dans votre langue», affirme l’ingénieur dans une «lettre», où il promet que «les informations seront d’une grande valeur pour votre nation» et qu’«il ne s’agit pas d’un canular», détaille la plainte.

D’après les extraits des échanges, l’agent infiltré propose «un cadeau» de la part «d’un ami de confiance dans votre pays», mais l’ingénieur, basé à Annapolis, capitale de l’État du Maryland, se méfie et veut être rémunéré en cryptomonnaies.

En plusieurs fois entre juin et août, l’homme a reçu des paiements en cryptomonnaies pour 100 000 dollars, en échange de quoi il a remis des informations confidentielles liées aux réacteurs nucléaires de sous-marins.

Ces données étaient contenues dans des cartes SD cryptées, déposées dans des lieux convenus à l’avance en Virginie-Occidentale, et dissimulées dans un sandwich au beurre de cacahuètes ou dans un paquet de gomme à mâcher. L’ingénieur y écrivait sous le nom d’«Alice».  

Le couple a été arrêté par le FBI samedi après avoir déposé une nouvelle fois une carte SD à un lieu de rendez-vous.

Inculpés pour violation de la loi sur l’énergie atomique, les Toebbe comparaîtront mardi pour la première fois devant la justice dans cette affaire, devant le tribunal fédéral de Martinsburg, en Virginie-Occidentale.  

*Avec AFP